La banque mondiale anticipe une crise alimentaire

Douze milliards de dollars seront alloués à la sécurité alimentaire dans les 15 prochains mois.

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 En Inde, la sécheresse fait craindre de sévères pénuries en eau.
En Inde, la sécheresse fait craindre de sévères pénuries en eau. ©AFP

La Banque mondiale a annoncé mercredi qu’elle allait consacrer, au cours des 15 prochains mois, 12 milliards de dollars à de nouveaux projets destinés à répondre à la crise alimentaire dans le monde.

Contexte brûlant

La majorité des ressources ira aux pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Est et d’Asie centrale et du Sud, a précisé l’institution dans un communiqué, ajoutant que cela doit soutenir leur agriculture, "la protection sociale pour amortir les effets de la hausse des prix des denrées alimentaires" , et favoriser des projets d’approvisionnement en eau et d’irrigation.

Dans un communiqué séparé, le Trésor américain a salué l’action collective des institutions financières internationales (IFI) dont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et les banques de développement. Elles ont annoncé mercredi une série de mesures, Parmi leurs objectifs prioritaires: atténuer les pénuries d’engrais, soutenir la production alimentaire immédiatement, investir dans une agriculture résiliente au changement climatique pour l’avenir ou encore promouvoir le libre-échange.

Avant même la guerre en Ukraine, l’insécurité alimentaire avait été aggravée par les conflits, les crises climatiques et les crises économiques. L’an passé, 193 millions de personnes dans 53 pays se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë, c’est-à-dire qu’elles ont eu besoin d’une aide urgente pour survivre, selon les données de l’ONU.

La situation va empirer en raison de la guerre russo-ukrainienne, alertent les institutions, alors que la Russie et l’Ukraine sont respectivement premier et cinquième exportateurs mondiaux de blé, représentant à eux seuls 30% de l’approvisionnement mondial.

L’inquiétude grandit alors que l’Inde, frappée par une canicule exceptionnelle, a annoncé une interdiction générale d’exportation du blé pour assurer la sécurité alimentaire de ses 1,4 milliard d’habitants.