La cagnotte de la loterie au plus audacieux

La finale a déçu mais Gand est le vainqueur logique d’une Coupe où c’est un ex-Mauve qui a fait basculer la séance de tirs au but.

 Si le niveau n’y était pas, les Gantois ont mérité de remporter cette Coupe de Belgique.
Si le niveau n’y était pas, les Gantois ont mérité de remporter cette Coupe de Belgique. ©belga
Christophe Franken

On pourra toujours se demander s’il n’y a pas de meilleure idée pour désigner le vainqueur d’une finale mais les tirs au but ont sacré la meilleure équipe sur la pelouse lundi au Heysel, ce qui ne fut pas souvent le cas dans l’histoire du football.

La Gantoise a d’abord été l’équipe la plus entreprenante puis celle qui avait le moins peur au fil d’une apothéose beaucoup moins spectaculaire qu’espérée, avec à la clef le tout premier 0-0 dans l’histoire des 67 finales de Coupe de Belgique.

Le fautif, c’est d’abord Anderlecht. Dépassé par la pression d’un premier trophée depuis 2017, le Sporting est passé à côté de sa finale. La même année avec Ostende, Marc Coucke perdait la Coupe au même stade, après une défaite... aux tirs au but contre Zulte Waregem.

Très déçu comme le reste de la direction, le propriétaire devra encore attendre avant de s’offrir une fiesta en mauve.

Au RSCA, on pourra toujours sortir le cliché de la "loterie des tirs au but" pour expliquer la défaite mais rien n’a fonctionné lundi après-midi. À l’exception d’une déviation de Verschaeren sur un centre de Murillo à la fin du premier quart d’heure, les Anderlechtois n’ont jamais mis Gand en danger pendant les 130 minutes, arrêts de jeu compris.

Aucun joueur de champ n’a été à son niveau et Van Crombrugge a dû sauver le coup plusieurs fois, aussi aidé par sa latte sur un tir de Lemajic à la 116e. Comme à Courtrai, le Sporting a donné l’impression de perdre son football face à l’enjeu. Ce qui n’est pas de très bon augure avant les play-off.

La pression ne va pas baisser, au contraire. Dans les bureaux de Neerpede, on espère utiliser ces six rencontres décisives pour (au moins) gagner une place au classement. Le top 2 est l’objectif. Ce qui permettrait de rêver de la Ligue des champions et d’obtenir un meilleur ticket européen que celui offert au vainqueur de la finale de Coupe. Il faudra donc dépasser le Club Brugeois ou l’Union. On aura des éléments de réponse sur la faisabilité du défi dimanche soir au Parc Duden.

L’hécatombe au Heysel

Vincent Kompany aura matière à réflexion toute cette semaine. Devra-t-il encore tenter d’aligner ses meilleurs hommes ou faudra-t-il qu’il privilégie la forme physique? Lundi, plusieurs Bruxellois n’étaient aptes à jouer à leur meilleur niveau, notamment Gomez et Ashimeru, entré puis ressorti seize minutes plus tard.

Mais ça ne sera pas une excuse non plus. Les Gantois ont disputé dix rencontres en plus cette saison et plusieurs éléments importants étaient sur une jambe au Heysel, dont les stars Odjidja et Tissoudali. Sans parler de Depoitre, forfait à l’échauffement. C’était l’hécatombe au Heysel. Même le ballon, troué, a fini par lâcher.

Les onze (!) changements effectués par les deux entraîneurs n’ont rien modifié au niveau de jeu décevant. À moins que les acteurs n’aient voulu prolonger un peu la carrière radiophonique de Thierry Luthers, notre confrère de la RTBF qui commentait son ultime match. Si la demi-heure de prolongation était de trop, la séance de tirs au but valait le coup d’œil. Comme une mini-série qui se dévore en une dizaine de minutes avec deux acteurs au destin opposé: Murillo qui loupe le penalty décisif dans les larmes et Roef qui en stoppe deux sur cinq après avoir été formé à Neerpede. Pour la… seizième fois sur vingt, le RSCA a perdu aux tirs au but en Coupe de Belgique.

La quatrième Coupe de Belgique de l’histoire des Buffalos est méritée. Sur la finale mais aussi sur l’ensemble d’une saison où le parcours européen, étalé sur huit mois entre juillet et mars, a coûté les play-off 1 à une équipe bien plus séduisante que l’Antwerp. Après un titre de champion et une Supercoupe en 2015, Hein Vanhazebrouck a complété son palmarès belge. Un sacré argument au moment de négocier la prolongation de son contrat.