INSOLITE

Plainte contre des cyclistes "pollueurs"

ADVERTISING - ne pas effacer
Une plainte pénale a été déposée récemment auprès du parquet de Namur contre des coureurs qui ont participé à la Flèche Wallonne. Ce qu’on leur reproche ? "Avoir jeté des déchets durant la course, au mépris de l’environnement des régions traversées et de la valeur éducative qu’une activité sportive aussi médiatisée mérite".

La plainte émane de La Coalition Nature, une association de fait, à l’initiative des asbl Terre wallonne, d’Avala (Association pour la vallée de l’Amblève, de la Lienne et de ses affluents) et des Ardennes liégeoises. Elle est adressée à trois coureurs, qui ont été indentifiés formellement, selon le courrier de Me Lebrun, le conseil des plaignants.

Benjamin Gourgue (Landbouwkrediet) a été vu en train de jeter divers emballages au km 114 de la Flèche (à Gesves). Plus loin, c’est le Britannique Christopher Froome (Sky), qui a a fait de même, alors que Blel Kadri (AG2R) a été vu aux environs de la côte de Bousale en train de vider ses poches.

Me Lebrun rappelle ainsi que ces coureurs sont responsables pénalement, notamment au regard de l’article 7 du décret wallon sur les déchets : "Toute personne qui détient des déchets est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion dans des conditions propres à limiter les effets négatifs sur les eaux, l’air, le sol, la flore, la faune, à éviter les incommodités d’une façon générale, sans porter atteinte ni à l’environnement, ni à la santé de l’homme."

Une vraie menace environnementale?
Sans savoir quelle suite va réserver le parquet à cette affaire, nous avons demandé à Gerard Bulens, le manager de l’équipe Landbouwkrediet ce qu’il pensait de cette plainte contre son coureur.

"Je comprends qu’on doit penser à l’environnement, nous disait-il. Et nous demandons, comme toutes les autres équipes, à nos coureurs d’être attentifs et à garder les emballages dans leurs poches. Mais il y a parfois des circonstances où ne peut décemment demander à un coureur, alors qu’ il est en pleine attaque, de se laisser redescendre auprès de la voiture du directeur sportif pour se débarasser de ses bidons ou du contenu de ses poches."

Parlant des bidons jetés sur les parcours des courses, puisque c’est de ce problème qu’il s’agit aussi, Bulens reste persuadé qu’au lendemain d’une épreuve on ne trouve plus aucun bidon sur les routes et dans les fossés. "Les spectateurs se précipitent dessus, car il existe de véritables collectionneurs, explique-t-il. Et quant à demander aux organisateurs de prévoir des motos avec des filets récupérateurs, c’est la porte ouverte aux accidents. Je peux aussi dire que lors de nos dernières courses, des coureurs de l’équipe se sont débarassé de leurs bidons auprès de nos véhicules. Ces bidons, ils sont destinés à la poubelle car nous les utilisons qu’une seule fois pour des raisons d’hygiène."


Sur le plan juridique, Gerard Bulens pense qu’il existe une parade à ce genre d’action en justice : "Une course cycliste, c’est une circonstance exceptionnelle, dit-il. Mais ce n’est pas pour cela, je le répéte, qu’on peut faire n’importe quoi. Je suis d’accord qu’il faut rester attentif à l’environnement. Il ne faut tout de même pas non plus tomber dans le ridicule."

"Peut-être vaut-il mieux que l’équipe mette la clé sous le paillasson ? Cela fera quarante personnes au chômage. Et puis, ces plaignants savent-ils ce que c’est de participer à une course cycliste ? Vinokourov pourra peut-être se payer le luxe de s’arrêter en chemin pour donner un bidon à un gamin. Mais chez nous, Gourgue ne pourrait se le permettre. Il n’a pas le même moteur. Et puis, les coureurs font aussi leur métier..."
 

Des coureurs qui se débarassent de leurs bidons ou de divers emballages en course, c’est courant. D’où plainte contre eux...
Image d’un ravitaillement. le coureur va ensuite faire le tri de sa musette, un geste courant en course.