Les dirigeants du football mondial ont exprimé mercredi leur volonté de combattre le «cancer» des matches truqués et leur souhait de lois plus strictes pour combattre les syndicats du crime, à l’origine de centaines de scandales.
La «tolérance zéro» prônée par la Fédération internationale (FIFA) doit être soutenue par «des politiques adaptées de renforcement des lois», a déclaré le directeur de la sécurité de la FIFA, Ralf Mutschke, lors d’une réunion avec Interpol ouverte mercredi à Kuala Lumpur, siège de la Confédération asiatique de football (AFC).
Cette réunion intervient quinze jours après des révélations indiquant que plus de 700 matches à travers le monde, y compris de Ligue des Champions et de qualifications pour la Coupe du Monde, avaient été truqués par des réseaux de jeux d’argent.
Selon Europol, 380 matches suspicieux auraient été identifiés en Europe, tous liés à un syndicat du crime basé à Singapour.
Difficile d’éradiquer ce fléau en Asie
«Nous sommes prêts à travailler main dans la main pour éradiquer ce cancer du jeu. L’AFC ne se reposera pas tant que ce fléau n’aura pas complètement disparu en Asie», a déclaré dans une allocution le président par intérim de l’AFC, Zhang Jilong, devant près de 150 représentants asiatiques d’organismes gouvernementaux, clubs, joueurs et arbitres.
Mais il a admis peu après devant l’AFP que cette éradication «serait difficile, particulièrement en Asie» où les jeux d’argent sont répandus et prospères.
« Les criminels restent libres »
«Nous punissons des joueurs et des arbitres à vie mais les criminels restent libres, sans être jugés. Cela doit changer», a expliqué Ralf Mutschke à des journalistes qui l’interrogeaient sur le refus des autorités de Singapour d’arrêter un suspect clé recherché en Italie, soupçonné d’avoir truqué des rencontres.
«Nous devons pousser les gouvernements à changer leurs lois. Beaucoup de pays n’ont pas de cadre législatif pour combattre les manipulations de matches», a-t-il ajouté, précisant que la FIFA coopérait avec le Conseil de l’Europe pour œuvrer dans ce sens.
Il a aussi pointé du doigt l’acquittement en novembre de trois joueurs en Suisse, accusés d’avoir truqué des rencontres : le juge avait estimé qu’il n’y avait pas eu de victime évidente.


