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Des chiffres qui posent question

Au-delà de la situation très exposée des femmes, d'autres chiffres interpellent en matière de chômage et d'exclusion. Exemples...

46 000

Nombre d'emplois perdus entre 2012 et 2013

903 242

Nombre de chômeurs

Complets indemnisés, temporaires, temps partiels, mesures d'activation
(Chiffre novembre 2014, ONEM)

276 645

Nombre de personnes inactives (non demandeurs d'emploi, novembre 2014)

  • Prépensionnés à temps plein ou à mi-temps,
  • Interruption de carrière à temps plein ou partiel
  • Congés thématiques

62 000

Nombre de sanctions prises à l'égard des chômeurs

+20% de 2013 à 2014

+60%

Evolution (2011-2014) du pourcentage de sanctions prises

Ces sanctions vont du report de l'octroi de droits à l'exclusion temporaire ou définitive en cas de récidive.
En 7 ans, le nombre d'exclus de l'ONEM a grimpé de 1 469%

8,7 milliards

Coût global des allocations de chômage (2013)

Soit 2,3% du PIB - Sera réduit à 1,7% en 2017

8,7 millions

Economie annuelle espérée par la réforme actuelle du chômage
(fin des allocations illimitées dans le temps)

Une économie qui équivaut à 0,1% du coût global des allocations.

A lire

« Cet argent, même sans travailler, j'y ai droit »

«Ce qu'on peut me souhaiter? Certainement pas de trouver du travail mais plutôt plus de revenus.» C'est une phrase choc. Une des plus interpellantes entendues dans le reportage, de la bouche de ces jeunes chômeurs rencontrés sur le pas-de-porte de l'exclusion.

« On se sucre encore sur le dos des femmes pour faire des économies »

« Après avoir travaillé autant de temps bénévolement dans le social, c'est me dire que je n'ai plus droit aux mêmes droits que les autres, que tout ce que j'ai fait dans ma vie, c'était rien du tout, de la merde, que c'était inutile». Cette décision gouvernementale de supprimer l'allocation de chômage à des milliers de demandeurs d'emploi, , ils la prennent comme une véritable claque, comme une punition.

«Un chômeur épanoui, ça rend jaloux»

Ils revendiquent leur refus d'un emploi à n'importe quel prix. Mais ils assurent enrichir une société qui aujourd'hui les exclut.

«Je travaille déjà au profit de la société. Je ne suis pas dans un rapport où je travaille pour ma gueule. Je n'ai pas envie de faire plein d'argent, j'ai juste envie de faire ce qui me semble important. »

Ce témoignage fort, tiré du documentaire Les Parasites, résume l'état d'esprit de pas mal de chômeurs. Des gens certes sans emploi mais qui revendiquent l'utilité de ce qu'ils apportent à la collectivité.

«Les Parasites», un documentaire pour lancer le débat

Semaine particulière dans L'Avenir et sur notre site. Chaque jour, un forum sur l'exclusion des chômeurs. En conclusion, samedi prochain, une édition spéciale avec vos réactions.

Pour lancer le débat, Les Parasite, un docu qui démange, signé par le journaliste et réalisateur Patrick Séverin, d'Instants Productions. Face à sa caméra, huit personnes qui risquent l'exclusion. Des profils différents mais qui, tous, démontent l'obligation de chercher un emploi à tout prix.

"Sensibiliser par rapport aux enjeux d'une décision politique qui va jeter des milliers de famille dans la précarité"

«Les Parasites »... Le titre d'un docu qui démange. Face caméra, huit citoyens menacés d'être exclus du chômage, comme vont l'être 13 500 Wallons d'ici la fin de semaine. Des propos à rebrousse-poil du politiquement correct. L'objectif de Patrick Séverin, le réalisateur: susciter les questions sur une course à l'emploi vide de sens et sur l'incohérence et la violence d'un système, tant envers les chômeurs que les travailleurs. Avant de lancer le débat, interview...

Patrick Séverin, vous êtes le réalisateur des «Parasites, un docu qui démange».. Qu'est-ce qui vous a poussé à réaliser ce docu sur cette thématique de l'exclusion?

J'ai été mobilisé assez tôt par le Réseau Stop63§2 qui a lutté pendant des mois pour éviter ces exclusions. Il me semblait important de sensibiliser la population par rapport à l'enjeu social de cette décision politique qui va jeter des milliers de familles belges dans la précarité.

Par ailleurs, en mettant fin aux allocations de chômage illimitées dans le temps, la Belgique renonce dans l'indifférence à une vision du vivre-ensemble. Jusqu'ici le message envoyé était «Même privé d'emploi, il y a une place pour vous dans la société». Désormais, c'est plutôt «Vous voulez une place dans notre monde: méritez-la.» [...]