CYCLISME

Bennett s’offre la 12e étape du Giro

Bennett s’offre la 12e étape du Giro

- AFP

Sous la pluie battante, un vrai temps d’Irlandais, Sam Bennett s’est adjugé la douzième étape du Giro qui est arrivé jeudi sur l’autodrome d’Imola, sans conséquence sur le classement général mené par le Britannique Simon Yates.

Pour sa deuxième victoire d’étape depuis le départ du Giro, Sam Bennett a anticipé le sprint, avec un instinct de finisseur. Alors que les deux hommes de tête (Mohoric, Betancur) étaient sur le point d’être repris, l’Irlandais a produit son effort aux 400 mètres et a pris ses distances sur les autres sprinteurs.

Le pari était osé puisque Bennett était présumé le plus rapide du groupe en l’absence de l’Italien Elia Viviani (distancé dans le final). Il s’est avéré payant. Bennett a eu le temps de se retourner avant la ligne, installée devant les tribunes du circuit Dino-Ferrari, pour savourer la performance.

Déjà vainqueur de la 7e étape à Praia a Mare, vendredi dernier, Bennett a imité les deux autres coureurs qui ont gagné deux fois dans ce Giro (Viviani, Yates). «C’est une victoire plus belle que la première», a apprécié le coureur de l’équipe Bora (27 ans), qui aura une autre opportunité de briller, vendredi, dans la 13e étape de plaine entre Ferrare et Nervesa della Battaglia, au nord de Trévise.

Si les sprinteurs se sont disputé la victoire à Imola, 50 ans après le raid de Vittorio Adorni dans le championnat du monde (près de dix minutes d’avance à l’arrivée!), le final très tendu dans les 30 derniers kilomètres a usé les énergies. À cause des cassures, qui ont contraint l’Equatorien Richard Carapaz et l’Italien Domenico Pozzovivo à une course-poursuite pour revenir dans le peloton, et de plusieurs offensives.

Mohoric en virtuose

Le puncheur belge Tim Wellens, a attaqué de (trop?) loin, à 20 kilomètres de l’arrivée, mais a été rejoint dans la côte du circuit d’Imola. Le Colombien Sergio Henao, qui cherche à redorer l’éclat terni de l’équipe Sky après les problèmes de Chris Froome, n’a pas creusé d’écart. Au contraire d’autres puncheurs (Ulissi, Betancur, Mohoric) surveillés de près toutefois, à quelques secondes, par l’avant-garde du peloton.

À ce jeu, la plus forte impression a été causée par Matej Mohoric, le jeune Slovène (23 ans) vainqueur mardi de l’étape de Gualdo Tadino. Virtuose de la descente, pourtant glissante sous l’orage, Mohoric a délivré une leçon de pilotage qui lui ouvre de grandes perspectives sur les classiques dans les prochaines années.

Aucun favori n’a été piégé dans ces conditions atmosphériques délicates, quitte à laisser des forces et de l’énergie mentale pour la troisième journée consécutivement. L’écart, 47 secondes, est resté identique entre Simon Yates et son dauphin, le Néerlandais Tom Dumoulin, les deux favoris pour la victoire finale le 27 mai à Rome.

Alors, Dumoulin ou Yates? «Ni l’un ni l’autre», répond Serge Parsani, l’un des directeurs sportifs les plus expérimentés du Giro. «Je pense que Thibaut Pinot peut toujours gagner. Il a le fond pour réussir dans les longues étapes de montagne.» Surtout si les prévisions météo, annonçant du mauvais temps sur le nord de la péninsule, se vérifient, à l’approche du Monte Zoncolan (samedi) et de l’étape des Dolomites (dimanche).