LEUZE-EN-HAINAUT

Pollution: «Une catastrophe de grande ampleur a été évitée»

Fallait-il déclencher un plan d’actions suite à l’importante pollution survenue à Tourpes? Non selon le maïeur qui salue la bonne gestion des opérations d’urgence.

Le 4 avril dernier, la rupture d’une vanne sur une cuve de près de 90 m3, appartenant à un marchand d’hydrocarbures, entraînait une importante pollution à Tourpes. Quelque 20 000 litres de mazout de chauffage s’étaient répandus dans le ruisseau, s’étendant jusqu’à Chapelle-à-Oie et Blicquy. Une catastrophe environnementale selon Baptiste Leroy qui a fait usage de son droit d’interpellation citoyenne au conseil communal de mardi soir.

Le coprésident de la locale Écolo se demande si ce genre d’incident ne devait pas déboucher sur un plan d’actions impliquant les autorités politiques et les services administratifs. «Manifestement, cette réaction a été défaillante», soutient-il avant d’en venir à sa question centrale: «La commune a-t-elle l’intention de mettre en œuvre un plan de gestion de son réseau hydrographique de seconde catégorie afin de reconstituer les milieux abîmés?»

S’il est désormais établi que l’encuvement, censé empêcher le mazout de s’échapper en cas d’accident, n’était pas étanche, M. Leroy ne cache pas son inquiétude à ce sujet. «Les entreprises de livraison de mazout, qui stockent des volumes gigantesques (plus de 200 000 litres ici), sont dans l’obligation, conformément à leur permis d’environnement, d’assurer un encuvement étanche des tanks de stockage. Or, ce dispositif n’a pas été efficace et les raisons doivent être recherchées. Le permis d’environnement de cette société, obtenu en 2012, expire dans 20 ans. D’ici là, peut-être aurons-nous une autre catastrophe à subir?»

Des sanctions à l’égard de l’entreprise?

Si la Commune n’a pas déclenché de plan d’urgence, c’est parce que la pollution a très rapidement pu être circonscrite, avance le bourgmestre Christian Brotcorne. « L’intervention des différents services (pompiers, police de l’environnement, protection civile...) a permis d’éviter une catastrophe de grande ampleur. Les barrages flottants n’ont pas stoppé net la pollution mais cela a au moins permis de la limiter. Un expert agréé a été délégué pour échantillonner les berges, et les analyses sont en cours. Des pompages ont aussi été réalisés par une entreprise spécialisée. Toutes les mesures d’urgence ont été prises.»

Quant à un éventuel plan de gestion du réseau hydrographique, le premier magistrat rappelle que les cours d’eau de 2e catégorie appartiennent à la Province et non à la Commune. L’affaire est loin d’être close puisque d’éventuelles sanctions (un PV a été dressé et transmis au Parquet) pourraient être prises à l’égard du vendeur de mazout, sa responsabilité étant visiblement établie.