SYRIE

Les Casques blancs accusés de mise en scène en Syrie: un mensonge pour défendre le régime

Les Casques blancs accusés de mise en scène en Syrie: un mensonge pour défendre le régime

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Des photos, provenant du tournage d’une fiction soutenue par le pouvoir syrien, ont été détournées, pour accuser les Casques blancs d’avoir mis en scène l’attaque chimique présumée à Douma.

Maquillage, costumes de Casques blancs, figurants, clap de cinéma…: tous les ingrédients d’une reconstitution d’une zone de guerre en Syrie sont photographiés sur un plateau.

Les Casques blancs accusés de mise en scène en Syrie: un mensonge pour défendre le régime
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Pour certains, il n’en faut pas davantage pour y voir une preuve de la mise en scène d’une attaque chimique sur Douma, près de Damas, par les Casques blancs.

Groupe de secouristes en zone rebelle, les Casques blancs sont régulièrement accusés par le régime de Damas et ses alliés de manipulations et de mises en scènes.

Mais c’est aussi le cas sur de nombreux sites internet et sur les réseaux sociaux. Notamment sur le site Mondialisation.ca, qui titre «Les Casques blancs démasqués par des photos», en publiant les photos d’acteurs faussement ensanglantés.

Les Casques blancs accusés de mise en scène en Syrie: un mensonge pour défendre le régime
Le site parle carrément d’un «studio de cinéma des Casques blancs». -

Mais ces photos – bien réelles – proviennent en fait du tournage d’un film intitulé «Revolution Man», rapporte « Factuel », le blog de vérification de l’AFP.

Le film est notamment soutenu par le ministère syrien de la Culture, et l’avant-première a été saluée par l’agence officielle syrienne Sana dans une dépêche datée du 9 mars.

Selon l’agence Sana, le film narre l’histoire d’un journaliste «en quête de célébrité» et «qui entre illégalement en Syrie pour prendre des photos et des vidéos de la guerre».

«Après avoir échoué à atteindre son but, il aide les terroristes à fabriquer une attaque chimique afin de donner à ses photos un retentissement mondial», ajoute-t-elle.

Les photos, détournées pour accuser les Casques blancs, ont été en fait publiées en février sur une page Facebook consacrée au film.

Selon le site d’investigation bellingcat, ces clichés ont également été diffusés par la chaîne publique russe «Russia 1» qui les a présentés comme une preuve de mise en scène.

Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont mené une série de frappes en Syrie samedi en représailles à une attaque chimique présumée le 7 avril du régime sur Douma, alors ultime fief rebelle dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas.

La Syrie a démenti toute implication.

Dimanche, des experts de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ont débuté une mission à Damas, mais ils attendaient toujours mardi de pouvoir accéder à Douma pour mener des investigations.