SANTÉ

Le patient payera la note du bras de fer entre kinés et Inami

Le patient payera la note du bras de fer entre kinés et Inami

Illustration STUDIO GRAND OUEST – stock.adobe.com

L’association professionnelle des kinésithérapeutes, Axxon, invite ses membres à se déconventionner massivement, et ne plus s’en tenir aux tarifs négociés avec l’Inami.

Les kinésithérapeutes souhaitent pouvoir bénéficier d’honoraires plus élevés, mais leurs discussions avec l’Inami n’ont pas encore abouti à ce sujet. Axxon suggère donc aux spécialistes de se déconventionner massivement d’ici le 22 mars, rapporte lundi De Standaard. Les praticiens qui ne sont pas conventionnés ne sont pas tenus de respecter certaines normes tarifaires.

C’est surtout le patient qui risque d’être dupe d’un mouvement de déconvention. Ils devraient débourser davantage, alors qu’ils seraient moins remboursés par les mutualités. Un fait qu’Axxon reconnaît: «On ne se réjouit pas de cette action de déconvention, mais nous arrivons à la conclusion que c’est le seul moyen de pression pour dégager une mise à niveau du métier», écrivent Philip Roosen et Dirk Cambier, tous deux spécialistes à l’université de Gand, dans une opinion publiée dans le quotidien.

De Block grince des dents

L’appel des kinés à se déconventionner massivement ne donne pas envie de rire à la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block. Elle rappelle que des moyens supplémentaires ont été alloués au secteur. «C’est notre seul moyen de pression», objecte l’association professionnelle Axxon.

Une nouvelle convention a en effet vu le jour en janvier dernier. Les kinés doivent décider pour le 21 mars s’ils y adhèrent ou pas. S’ils «se conventionnent», ils doivent respecter des tarifs fixes. S’ils n’y adhèrent pas, ils peuvent appliquer le prix de leur choix pour leurs consultations et dès lors être mieux rémunérés.

Pour Axxon – l’unique organisation représentative des kinés en Belgique – le problème est que ce choix d’être conventionné ou non a des répercussions sur le patient: «il est remboursé 25% en moins lorsqu’il se rend chez un kiné non conventionné», explique Fabienne Van Dooren, directrice de l’aile francophone d’Axxon.

C’est à cette «discrimination» que les kinés cherchent à mettre fin. «La loi prévoit que lorsque 40% des kinés n’adhèrent pas à la convention, l’État est obligé de rembourser tout le monde de manière égale», poursuit Fabienne Van Dooren. Inviter à ne pas adhérer à la convention est le «seul outil pour faire tomber la discrimination du patient».

De son côté, la ministre de la Santé a relevé sur les ondes de Radio 1 que le nouveau protocole intervient après de longues négociations avec le secteur et qu’elle lui octroie davantage de moyens. Axxon l’a d’ailleurs signée. Les kinés qui se conventionnent peuvent réclamer une prime allant jusqu’à 3.500 euros, a-t-elle ajouté.

Les quelque 23.000 kinésithérapeutes belges ont encore deux jours pour se décider. C’est par ailleurs la première fois qu’ils le font de manière électronique. S’ils ne se prononcent pas, ils sont conventionnés d’office.