BRUXELLES

Réfugiés: la «honteuse invitation» de la STIB au contrôle policier de lundi

Réfugiés: la «honteuse invitation» de la STIB au contrôle policier de lundi

(illustration) ÉdA – Julien RENSONNET

La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a dénoncé dimanche sur sa page Facebook une «honteuse invitation» envoyée à la presse pour assister lundi à une opération policière dans les transports publics bruxellois.

Il s’agit en l’occurrence d’une «Full integrated police action» (FIPA), ce qui signifie que les polices locale(s) et fédérale sont impliquées. De telles actions de contrôle ont lieu régulièrement sur les routes du pays ainsi que, entre autres, sur le réseau de la STIB à Bruxelles. Dans ce dernier cas, les policiers sont accompagnés d’agents de la société de transports en commun.

Les agents de la STIB contrôlent si les clients disposent d’un titre de transport. Les policiers, eux, ont le droit de vérifier l’identité des personnes, ce qui leur permet d’examiner si elles ne sont pas recherchées mais aussi, notamment, d’interpeller celles qui ne disposent pas de documents de séjour. Il arrive que de la drogue et des armes prohibées soient saisies.

D’après la police et la STIB, ces opérations visent à réduire la criminalité dans les transports en commun et renforcer le sentiment de sécurité des usagers.

De longue date, certains reprochent cependant à la STIB de collaborer à des actions lors desquelles des migrants en séjour illégal sont systématiquement appréhendés.

Récemment, des journalistes ont été invités à assister à une opération FIPA prévue lundi. L’information a cependant fuité sur les réseaux sociaux.

«Nos amis en possession d’un titre de transport risquent-ils des contrôles d’identité? Les transports en commun deviennent-ils un terrain de chasse pour l’Office des étrangers et plus largement une source de remplissage des centres fermés? Sur base de quels critères seront effectués les contrôles? Quels sont les objectifs de ce coup de communication? «, interroge la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés sur sa page Facebook.

Le collectif invite tout un chacun à apostropher la STIB ainsi que le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet.

Smet: «un souci de transparence»

Le ministre Pascal Smet a assuré dimanche que les contrôles d’identité ne ciblent que les personnes sans titre de transport. La plateforme estime elle que des abus sont monnaie courante.

Le ministre a justifié l’embargo imposé à la presse au motif que ces contrôles nécessitent une discrétion préalable. Il explique que cette invitation a été faite dans un souci de transparence. Il a répondu aux questions soulevées par la plateforme en expliquant que lors de ces opérations de contrôle avec les agents STIB, les policiers interviennent uniquement lorsqu’une personne sans titre de transport refuse de s’identifier ou en cas d’incident comme une agression. Les personnes munies d’un titre de transport ne sont pas, selon lui, contrôlées par la police.