FOOTBALL

Comme prof, Matthys a connu Pire

Dimanche, si on joue, Nicolas Pireet Romain Matthys se retrouveront à l’occasion d’un Solières-RFC Liège spécial pour eux. Savoureux aussi…

L’école Sainte-Marie à Huy. Le lieu des retrouvailles est symbolique et métaphorique. Les murs de l’établissement scolaire sourient sous les blagues et taquineries de Nicolas Pire et Romain Matthys, respectivement gardiens de Solières et du RFC Liège. Dimanche, du moins si on joue (ce qui n’est pas gagné), ils seront adversaires. En attendant, les deux hommes ont pris le temps et du plaisir à se retrouver.

Ces deux-là se connaissent comme larrons en foire. Nicolas était le keeper attitré du RFC Liège quand Romain a mis le pied à l’étrier à peine sorti de l’adolescence. Un routinier aguerri aux rudesses de la nationale qui a pris sous son aile un jeune auquel le club croyait beaucoup. L’un a quasi formé l’autre au point d’être son mentor, son professeur. Lui distillant, à mesure des entraînements, nombre de trucs comme la bonne position à adopter sur corner, par exemple. Hasard ou pas: Nicolas est prof de sciences alors que Romain est en rhéto option sciences… «Nicolas, je l’ai toujours apprécié et suivi, assure «Kakou». Même des tribunes quand je n’étais que simple supporter du RFC Liège. J’allais le voir quand il jouait et j’analysais déjà son jeu. Je me souviens de plusieurs arrêts de sa part. Sa spécialité, c’est notamment ce fameux arrêt du pied en duel face à un avant qui arrive devant lui. Oui, il a été et est toujours un modèle. J’aimerais être comme lui, mais en mieux car il a aussi déjà bien foiré (rires). Je me souviens notamment d’un sale 4-0 contre La Calamine où il avait bien merdé… (rires)»

Le ton est donné. Les anecdotes se succèdent. Et vas-y que je te taquine, toujours gentiment. «Tu peux bien parler toi!, surenchérit Pire. Moi, je peux aussi parler de ce fameux Hamoir-Liège qui s’était fini sur le score de 2-2 et où, sur une frappe, tu avais été lobé en beauté. Ce n’est pas parce que tu as mué et pris du volume que tu dois ressortir les vieux dossiers, hein. Sinon, ça va faire mal (rires)! Un conseil vestimentaire d’ailleurs: oublie un peu cette vilaine vareuse verte. Elle est vraiment horrible… »

N’empêche que si le jeune portier de Liège réussit un jour au sommet, il le devra en partie à son ancien coéquipier sang et marine. «Il n’a pas besoin de moi, vous savez, tempère Nicolas Pire. Il a la tête bien sur les épaules et est bien entouré. Je ne sais pas jusqu’où il peut aller car ça dépend de plusieurs facteurs. Très sincèrement, il est bien plus fort que moi à son âge , voire même plus fort que moi maintenant, à 31 ans (rires)! Moi, je n’ai jamais été un foudre de boulot, lui bien. Et ça, ça change beaucoup de choses… »

Le compliment ne laisse pas insensible le Flémallois. Il sait que la route est encore longue jusqu’au sommet. Elle passera, notamment, par un succès dimanche chemin de Perwez. Du moins si Dame Nature et la météo le permettent. «Et notre terrain, je te jure qu’il va vous dégoûter» promet Nicolas Pire. Et face à l’élève, le prof a toujours raison. Non?

 

 

 

Nicolas Pire: «Le RFC Liège est le club de mon coeur»

On ne présente plus Nicolas Pire, portier de Solières depuis 2 saisons, pilier de notre foot régional et qui a construit un bout d’histoire du RFC Liège pendant 5 ans. « Liège restera le club de mon cœur, assure le Remicourtois de 31 ans, prof de sciences à Sainte-Marie à Huy. J’y ai vécu des moments magiques. À l’aller, j’ai eu un accueil dingue des supporters qui ne m’ont pas oublié. D’habitude, ils se lâchent sur les dégagements du gardien adverse en balançant des insultes. Pour moi, c’était un chant spécial: ‘viens boire une bière avec moi’. Génial! »

Et si «la page Liège est tournée aussi parce qu’il fallait faire place aux jeunes comme Romain…», Nicolas a un petit pincement au cœur quand il évoque la fin de son aventure là-bas. «Je ne demandais pas une statue, mais juste une réponse à une prolongation ou non, dit-il, encore un brin déçu. Enfin, je suis bien à Solières. Je ne regrette pas du tout mon choix. C’est un club familial comme je les aime avec une ambiance terrible. Ici, on peut boire sa bière sans être jugé. Mon avenir? La tendance est plutôt à ce que je reste moyennant certains aménagements en début de saison. »