MOBILITE

Tarifs réduits à la SNCB en heures creuses? Un grand oui pour Navetteurs.be

Tarifs réduits à la SNCB en heures creuses? Un grand oui pour Navetteurs.be

Selon le président de Navetteurs.be, les voyageurs disposant d’horaires flexibles seront ainsi incités à décaler leur journée. Reporters / QUINET

Des tarifs réduits en heures creuses à la SNCB «est une mesure que nous soutenons et que nous proposons depuis très longtemps», réagit auprès Gianni Tabbone.

Proposer des tarifs réduits en heures creuses aux utilisateurs du rail permettra de «laisser plus de place aux voyageurs qui […] n’ont d’autre choix que de voyager en heures de pointe», estime ce mercredi Gianni Tabbone, président de Navetteurs.be, association de défense des usagers des transports en commun. Au nord du pays, TreinTramBus (TTB), qui défend elle aussi les utilisateurs des transports en commun, se montre plus mitigée. L’association prévient qu’il ne faudrait pas que cette mesure, inscrite selon De Standaard dans un projet de contrat de gestion 2018-2022, soit défavorable aux abonnés.

Selon le président de Navetteurs.be, les voyageurs disposant d’horaires flexibles seront ainsi incités à décaler leur journée. «Il existe de plus en plus de possibilités de flexibilité avec les employeurs donc cela pourrait avoir un effet positif et laisser davantage de place à ceux qui ne peuvent changer leurs horaires», estime-t-il.

Gianni Tabbone prévient toutefois: la mesure doit consister en des réductions en dehors de heures de pointes et non en une augmentation des tarifs lors des horaires plus chargés, soit entre 07h00 et 09h00 ainsi qu’entre 16h00 et 18h00.

TreinTramBus dit comprendre l’intérêt de la SNCB à inciter les voyageurs à emprunter le train en heures creuses et estime que certaines formules de réductions sont négociables. Elle refuse toutefois que celles-ci s’opèrent au détriment des abonnés aux chemins de fer belges.

Attention aux autres problèmes

«Les abonnés ne doivent pas être punis s’ils circulent en heures de pointes», prévient le président de TTB, Stefan Stynen. «Beaucoup de gens, surtout des personnes disposant de faibles revenus, sont souvent confrontés à des règles plus strictes quant à leur horaire de travail. Il serait particulièrement amer qu’elles en soient punies», assène M. Stynen.

D’autres problèmes organisationnels pourraient survenir, pointe Étienne Hoet, délégué du syndicat socialiste CGSP Cheminots à Bruxelles. «Si on prend le train à 07h00 et qu’on arrive à Luxembourg à 09h30, on devra payer le tarif plein alors que 30 minutes du voyage se seront déroulées en heures creuses», remarque M. Hoet.

Le délégué syndical rejette totalement cette mesure qui provoquerait, selon lui, «un foutoir» et «créera une discrimination». Il estime également qu’il s’agit d’une «manière déguisée pour augmenter les tarifs alors que ceux-ci ont déjà augmenté de 35% entre 2004 et 2014. La Belgique est le sixième pays le plus cher en ce qui concerne les tarifs ferroviaires, en facturant une quinzaine d’euros pour 100 km», affirme-t-il.

Selon le cabinet du ministre de la Mobilité François Bellot (MR), le projet de contrat de gestion de la SNCB n’est toutefois qu’une «version très provisoire, dans laquelle beaucoup de choses peuvent encore changer».