FOREST

Affaire de mœurs en classe verte: le silence des autorités de Forest pointé du doigt

Une centaine de parents d’élèves en colère ont été reçus hier soir à l’hôtel de Ville de Forest au sujet d’un fait de mœurs tenu secret par le pouvoir organisateur, selon une information diffusée ce mercredi par la RTBF et confirmée par le délégué général aux droits de l’enfant Bernard De Vos.

MISE À JOUR 8/02 14h40

Une centaine de parents d’élèves en colère ont été reçus mardi soir à l’hôtel de Ville de Forest au sujet d’un fait de mœurs tenu secret par le pouvoir organisateur, selon une information diffusée mercredi par la RTBF et confirmée par le délégué général aux droits de l’enfant Bernard De Vos. Le parquet de Bruxelles indique qu’une instruction a été ouverte en rapport avec les faits de mœurs présumés.

En novembre dernier, une enfant de 4 ans a parlé à ses parents d’actes qui semblaient abusifs au retour d’une classe verte en région liégeoise. Ils l’ont conduite à l’hôpital et SOS enfants leur a confirmé la suspicion d’abus. Ils ont prévenu l’école la veille d’un second départ d’enfants au même endroit. Le pouvoir organisateur a affirmé avoir renforcé la surveillance.

Mail anonyme

Des parents d’élèves de cette école communale, qui ont appris les accusations par la famille concernée, ont averti en décembre le délégué général aux droits de l’enfant Bernard De Vos. Ce dernier a immédiatement envoyé un courrier au pouvoir organisateur, qui n’a répondu qu’à la mi-janvier. Un mail anonyme a récemment été envoyé aux parents pour les informer de la situation. Certains reprochent à la direction de ne pas avoir répondu à leurs questions. Pour eux, le choix d’étouffer cette affaire se fait au détriment des enfants, car les risques de récidive auraient pu être minimisés.

«Quand des enfants vivent en collectivité et qu’il y a une suspicion d’abus, il est habituel et indiqué d’informer les éducateurs les plus proches, les parents notamment, pour leur permettre d’être attentifs à des signes d’abus», explique Bernard De Vos, qui endosse le rôle de médiateur entre les parents et le pouvoir organisateur. «Je n’ai pas à leur reprocher le fait qu’il y a peut-être eu un abus, mais à partir du moment où il y a des suspicions d’abus, mettre les parents hors jeu est terrible. Ils se sont sentis trahis».

Ghyssels: «Surveillance discrète»

Le bourgmestre de Forest, Marc-Jean Ghyssels, indique qu’une réflexion est en cours pour trouver un mécanisme qui permettrait d’associer les parents à des décisions d’importance qui nécessitent une confidentialité certaine: «quand on est informés des faits la veille du départ, en accord avec la police et le parquet, on convient de maintenir les enfants dans le lieu de vacances, mais avec instruction de ne jamais quitter les enfants. Comme les faits se seraient déroulés pendant la classe verte, une fois les enfants rentrés à Bruxelles, on considère qu’ils sont hors de danger.

«La direction a alors mis en place avec le PMS (centre psycho-médico-social) et des psychologues des opérations de surveillance pour être attentif au comportement des enfants. On le fait discrètement parce qu’on n’a pas d’élément hormis le dépôt d’une plainte mais sans aucun détail, parce que les parents de la victime nous ont demandé d’être discrets et parce que le parquet nous a demandé de ne pas communiquer afin de ne pas compromettre le déroulement de l’enquête. Nous, il nous apparaît que communiquer en ayant des éléments incomplets serait de nature à provoquer une grande panique».

FAPEO: «Ajourner les sorties»

De son côté, la régionale de Bruxelles de la fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (FAPEO) a fait part de son inquiétude face aux faits de mœurs dénoncés par les parents d’élèves et a manifesté sa totale solidarité avec les familles concernées. Elle a appelé les autorités forestoises à ajourner toute sortie scolaire vers des lieux où le doute existe quant aux risques d’insécurité physique et/ou psychologique pour les enfants, mais aussi à collaborer avec les services du Délégué général aux droits de l’enfant, ainsi que de mettre en place un service indépendant de médiation scolaire.