La mère de Pierson: «Je ne l'ai jamais cru capable de telles choses»

La mère de Pierson: «Je ne l'ai jamais cru capable de telles choses»

Jérémy Pierson Claudy Petit

Encore beaucoup de défections devant la cour d'assises du Luxembourg, ce mardi après-midi. La compagne du prévenue, qui a habité Udange et Arlon et réside aujourd'hui en Espagne, ne s'est pas déplacée pour sa comparution.

On a surtout entendu la déposition de la mère de l'accusé, Nancy Pierson, une dame de 48 ans, de forte constitution, aux longs cheveux clairs, porteuse d'un long chandail en laine de couleur beige.

Si  son apparence semble robuste, la dame semble très marquée par les événements de la vie, elle qui a été diagnostiquée de troubles de schizophrénie il y a quelques années. Elle explique le long parcours chaotique au cours duquel elle a dû, souvent seule, élever son enfant, avec des moyens financiers très étriqués.

Déjà à l'école maternelle, Jérémy Pierson s'était fait remarquer "en mordant d'autres enfants".

A l'école primaire, "il avait du mal à apprendre à lire. Je pense qu'il le faisait exprès pour que je reste près de lui", dit la maman (Pierson n'a jamais connu son père, portugais).

Enfant, Jérémy Pierson doit être retiré du cours de dessin à l'Académie d'Arlon "parce qu'il taquinait les autres, sans doute pour se rendre intéressant", dixit toujours la mère.

La mère croyait qu'il était menacé par des Tchétchènes

Son adolescence n'est qu'une suite d'allers et retours dans des internats puis des centres pour mineurs. Jérémy Pierson vole. Jérémy Pierson fugue. Sa mère n'a plus d'emprise sur lui.

Dès 2005, son séjour en Espagne aux côtés de sa mère l'avait apparemment mieux stabilisé, mais dès le retour en Belgique, il a recommencé à voler, à vendre du cannabis aussi.

Avec ses faibles moyens, la mère continuait à donner de l'argent à son fils. "Je pensais qu'il était menacé par des Tchéchènes d'Arlon", dit la mère.

La présidente interroge alors la maman sur le drame survenu à la jeune Béatrice à la fin novembre 2014. La maman a déclaré aux policiers à l'époque: "Je ne l'ai jamais cru capable de telles choses".

Et maintenant, trois ans et demi plus tard? La maman de l'accusé, tête basse face à la cour: "Maintenant? Je ne sais plus."

Les débats reprendront ce mercredi à 9 h.

La cour a déjà fait savoir que les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire de l'avocate générale auraient lieu le lundi 12 février, la défense entamant ses plaidoiries le lendemain 13.