Ouverture du procès Abdeslam à Bruxelles sous haute sécurité

Ouverture du procès Abdeslam à Bruxelles sous haute sécurité

Belg

C’est ce matin et jusqu’à vendredi que Salah Abdeslam est jugé à Bruxelles pour la fusillade au cours de laquelle il aurait tiré en direction de policiers. C’était le 15 mars 2016, quelques jours avant son arrestation.

MISE À JOUR (11h)

"Je ne souhaite répondre à aucune question", indique à nouveau Salah Abdeslam.

"On m'a demandé de venir, je suis venu. Il y a un procès et j'en suis l'acteur, on m'accuse, je suis ici, je garde le silence, et mon silence ne fait pas de moi un coupable ni un criminel. Il y a des preuves tangibles et scientifiques dans le dossier, je veux qu'on me juge sur ça."

Le prévenu estime que les musulmans sont traités de la pire manière, "impitoyablement" et a accusé les médias de ne pas respecter la présomption d'innocence, allant jusqu'à proposer à la présidente de leur laisser sa place.

Cette dernière a tenté de le relancer, l'invitant à s'expliquer sur les faits du 15 mars, à la rue du Dries. "Je témoigne qu'il n'y a pas de divinité à part Allah et que Mohamed est son serviteur et son messager", a-t-il répondu. "Mon silence ne fait pas de moi un coupable ou un criminel, maintenant jugez-moi, faites ce que vous voulez de moi, moi c'est en mon Seigneur que je place ma confiance, je n'ai pas peur de vous, de vos alliés et de vos associés. Je place ma confiance en Allah, je n'ai rien à ajouter."

Dès le début de l'audience, Salah Abdeslam avait refusé de se lever à l'invitation de la présidente, se limitant à confirmer son identité. Il a précisé ensuite qu'il était "fatigué".

L'audience a été suspendue pour une dizaine de minutes.

MISE À JOUR (10h30)

Sofien Ayari a admis qu'il se trouvait bien dans l'appartement de la rue du Dries, à Forest, le 15 mars 2016, avec Mohamed Belkaid et Salah Abdeslam. Il y a passé "plusieurs semaines" mais dit ne pas savoir qui louait l'appartement. Sofien Ayari s'occupait surtout des courses, avec de l'argent fourni par Belkaïd, selon lui.

Il dit ne pas se rappeler si les armes qui ont été retrouvées dans l'appartement étaient déjà là lorsqu'il est arrivé. L'auteur de l'attentat à Brussels Airport le 22 mars, Ibrahim El Bakraoui, est venu plusieurs fois rue du Dries, principalement pour voir Belkaïd, a aussi affirmé le prévenu.

Le prévenu n'est "pas toujours d'accord" avec l'organisation djihadiste Etat islamique (EI), a-t-il affirmé, précisant seulement qu'il soutenait les actions de l'EI contre Bachar al-Assad.

MISE À JOUR (9h20)

Les deux prévenus Salah Abdeslam et Sofien Ayari sont entrés dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Bruxelles, encadrés par des policiers encagoulés, lundi à 8h50.

Les prévenus n'ont pas donné leur accord pour être filmés, ont précisé leurs avocats à la présidente du tribunal.

Salah Abdeslam a exprimé au tribunal son refus de répondre aux questions, alors que la juge présidant les débats, Marie-France Keutgen, l'interrogeait sur son identité.

Il s'est muré dans le silence devant les enquêteurs depuis son incarcération en France en avril 2016.

Le rappel des faits

Rue du Dries, 60, à Forest, mardi 15 mars 2016, à 14 h 15. Six policiers se présentent face à cette étroite maison mitoyenne dans le cadre d’une perquisition. Dès l’ouverture de la porte, les policiers doivent affronter des rafales tirées par des armes de guerre. C’est cette fusillade qui vaut à Salah Abdeslam et à son complice de se retrouver dès ce matin au tribunal correctionnel de Bruxelles.

Cette perquisition ne visait pas directement Salah Abdeslam. Elle s’inscrivait dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris et ciblait plus précisément l’entourage de personnes déjà inculpées.

Ce n’est qu’après avoir analysé les traces ADN retrouvées dans l’appartement de Forest que les forces de l’ordre comprennent que Salah Abdeslam était bien présent lors de la perquisition. Il aurait donc participé à cette fusillade qui a légèrement blessé quatre policiers dont une Française.

Depuis le soir du 13 mars 2015, Salah Abdeslam faisait l’objet d’une traque ininterrompue. Tous les services européens étaient sur la brèche pour mettre la main sur l’ennemi public numéro 1, car il était l’unique survivant du commando qui avait semé la mort lors des attentats de Paris.

C’est de cette fusillade que Salah Abdeslam devra répondre dès ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Avec son complice, Sofiane Ayari, il est poursuivi pour «tentative d’assassinat dans un contexte terroriste sur plusieurs policiers.» Ce procès est d’une importance capitale car le grand public, les médias, des victimes des attentats de Bruxelles et de Paris vont être confrontés à celui qui incarne ces tueries. Abdeslam, c’est le seul survivant des attentats parisiens: sa présence à Bruxelles dans un procès public, c’est malheureusement aussi un phénomène… Certaines victimes de Paris souhaitent être confrontées physiquement à un des auteurs, le grand public s’interroge aussi sur le visage de ce gamin de Molenbeek dont on n’a jamais diffusé que des images de piètre qualité tirées de vidéosurveillances ou issues de portraits policiers.

Pour accueillir cette foule, la salle du tribunal sera trop exiguë: il faudra faire place aux parties civiles, aux caméras et photographes sélectionnés pour diffuser les images à l’ensemble de la presse. Car la quasi-majorité des 300 journalistes accrédités devront suivre le procès en vidéo dans une salle à l’étage.

Haute sécurité

Pour réduire la longueur des déplacements, Salah Abdeslam sera incarcéré temporairement, le temps du procès, à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Il sera ainsi transporté tous les jours entre la prison française et le palais de justice de Bruxelles, soit 130 km. C’est la police fédérale qui prendra en charge la sécurité du transfert. Sera-t-il transféré par la route ou bien par hélicoptère, la police n’a pas communiqué sur cette information. Ce qui justifie toutes ces mesures de sécurité, ce n’est pas uniquement le contexte terroriste. Il y a aussi la surveillance du détenu: à aucun moment il ne faut lui donner la moindre possibilité de mettre fin à ses jours. Car ce procès de Bruxelles, ce n’est rien face aux attentes des victimes des attentats de Paris.

Dans la prison du nord de la France où il sera détenu cette semaine, les conditions de détention d’Abdeslam seront identiques à celles de Fleury-Mérogis. Le contexte de son accueil est assez particulier car la prison vient de faire face à des tensions importantes liées à l’agression au couteau de trois gardiens par un détenu radicalisé le 11 janvier. Dans la foulée, un mouvement de grève national a été déclenché.

À Bruxelles, le procès sera placé sous très haute sécurité. La salle d’audience 0.30 qui accueillera le procès sera équipée d’un portique de sécurité. Toutes les personnes entrant dans le palais de justice seront contrôlées, sans exception (y compris le personnel du palais de justice, les avocats…).

Deux périmètres de sécurité seront définis: un à l’intérieur du palais de justice et l’autre à l’extérieur. Tout véhicule s’y trouvant sera enlevé.

Les médias présents bien avant 6 h pour le procès Abdeslam

Ouverture du procès Abdeslam à Bruxelles sous haute sécurité
ÉdA
Salah Abdeslam aurait donc quitté la prison de Fleury Mérogis ce matin entre 3 h 30 et 4 h. Pour de nombreux journalistes accrédités à ce procès hors norme, la journée a commencé bien avant 6 h ce matin. Devant le palais de justice de Bruxelles, la file est longue d’une cinquantaine de représentants des médias. Derrière les chevaux de frise, le froid ne semble pas impacter leur détermination.

S’ils se sont levés si tôt, c’est pour obtenir une place dans la salle d’audience qui ne comporte que maximum 80 places. À 6 h 35, deux policiers donnent le «go» pour entrer dans le bâtiment. À ce moment, la file a doublé voire triplé; il y a déjà une bonne centaine de journalistes sur place. Contrôle de sécurité, passage au portique. La presse a deux options: soit rejoindre la salle à l’étage d’où il faudra suivre le procès en vidéoconférence, soit accéder à la salle du procès. Seule une dizaine de journalistes a eu la possibilité d’y accéder. Il faudra patienter jusqu’à 7 h 45 pour y prendre place. Mais avec une consigne: pas de smartphone ni d’ordinateur pour ce procès hyper médiatisé.