TOURNAI

La kermesse Saint-Antoine, c’est fini…

Créée en septembre 1962, la fête de ce quartier ferme ses portes, les contraintes se faisant trop lourdes alors que le bénévolat se fait rare.

D’Antoing et de Saint-Amand, deux chaussées dont les habitants ont vocation de se rencontrer en privilégiant la chaleur humaine, c’est une réalité vécue durant 56 ans. Noël Coeck extrêmement déçu, et triste car il les a vécues au travers de ses postes de secrétaire et de président remonte le temps de cette belle aventure.

Une constante dans la kermesse, c’est la kermesse aux boudins qui a généré la suite. Quelle en est l’origine?

Alors que le chanoine De Winter était en charge de la chapelle, il créa en août une procession que reprit son successeur l’abbé Laute. Celui-ci venait de Lessines où il prit l’initiative d’une kermesse aux boudins, cette charcuterie introuvable l’été, et la transposa à Saint-Antoine. Durant cinq ans, le voisinage fut donc invité à cette soirée très bon enfant. La succession de l’abbé vit la création d’un «Comité des fêtes». Motives, industrieux, investis, le président Gaston Lécolier que secondèrent notamment Ernest Duhem, Maurice Detournay, André Coeck, Rémy Lens se muèrent en maçons, électriciens, jardiniers afin de doter le site – prêté gracieusement par l’autorité décale – d’infrastructures plus convenables. Les grands jours s’annonçaient.

Le succès ne se démentit pas durant des décennies pour culminer à trois jours de très diversifiés. Quelle en était la recette?

Je crois que le climat familial, n’avoir jamais voulu autre chose que de bâtir une vraie fête de quartier, simple, conviviale, sans débours excessifs est la cause essentielle. Tout était fait «maison», épinglons les sketches écrits par Léonce Dransart que je reprends quand sa santé périclite avec des extraits des revues du Cabaret et qui sont joués par des gens du coin, ce qui implique tout le monde. Nos invités seront de la région avant que, logiquement, ils ne soient choisis parmi les artistes montants tels Bruno Coppens, Marc Herman, Jempy, Lagaf ou les bons sosies Dalida, Iglesias, Dassin, Sardou. Au fin des ans, notamment avec des excursions, une layette offerte cet engouement perdure, initiant de nouvelles formes tels les Archers ou le Cyclo Team Saint-Antoine chers à Claude ou Vincent Delrue, les jeunes et ados avec leurs danses amenant un air de modernité sous le chapiteau régulièrement bondé. De grandes heures, vécues en communauté.

Mais la kermesse ferme, que se passe-t-il?

Le mal n’est pas que chez nous, la société d’aujourd’hui valide d’autres formes de plaisirs. Qui s’intéresse encore à ces fêtes de quartier qui n’ont d’attraits que convivialité, solidarité, rencontres? L’équipe a vieilli, sans relève malgré les appels et ce, alors que de nouvelles et compréhensibles mesures de sécurité, d’autorisations, de Sabam multipliaient mes tâches. Ces responsabilités accrues ont conduit le comité à la cruelle décision de clore ce chapitre festif et social. Beaucoup le regrettent mais c’est cette sagesse, qui fut de mise tout au long des ans, qui nous a conduits à cette extrémité. Dommage, ô combien.