BELGIQUE

«Dans les pas des hooligans wallons»: notre grand angle qui remporte le prix du journalisme 2017

«Dans les pas des hooligans wallons»: notre grand angle qui remporte le prix du journalisme 2017

Alan Marchal a reçu ce mercredi soir le prix du journalisme du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. EdA Mathieu Golinvaux

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a remis ce mercredi son premier prix du journalisme dans la catégorie «Internet». Cocorico: c’est un travail «grand angle» de L’Avenir qui a été primé.

Personne n’a pu passer à côté des images des supporters louvièrois envahissant la pelouse du stade de Boussu-Dour ce week-end. En quelques minutes à peine, la colère des fans louviérois a remis le hooliganisme au cœur de l’actualité.

Pourtant, même si elle s’était faite plus discrète depuis quelques années, la mouvance est loin d’avoir disparu en Belgique. Elle a évolué. Tout le monde a encore en tête ce cortège de centaines de hooligans défilant le poing levé au cœur de Bruxelles pour rendre hommage aux victimes des attentats du 22 mars. À l’époque, l’action avait été très mal perçue, critiquée, incomprise par la population et les médias. Le monde du hooliganisme est un milieu particulier, qui possède ses propres codes et souvent dérange.

«Dans les pas des hooligans wallons»: notre grand angle qui remporte le prix du journalisme 2017
À la tribune du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alan Marchal a tenu à souligner que le prix récompensait un travail d’équipe. EdA Mathieu Golinvaux
Pendant une petite année, Alan Marchal, journaliste à la rédaction web de L’Avenir, a tenté de s’infiltrer au cœur de celui-ci, pour tenter de le comprendre. «Depuis longtemps, j’adore suivre des matches de foot, mais en général, je suis surtout intéressé par ce qu’il se passe en tribune plus encore que sur le terrain », glisse d’emblée le journaliste. Son zoom sur les nouveaux «hools», sans préjugé et sans concession, a été publié il y a quelques mois sur notre site web, www.lavenir.net. Il a reçu ce mercredi soir le prix du journalisme 2017, catégorie internet, du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

«Dans les pas des hooligans wallons»: notre grand angle qui remporte le prix du journalisme 2017
Alan Marchal entouré de Sébastien Catalini (infographiste) et Cédric Dussart (webmaster). EdA Mathieu Golinvaux
Pourtant, en général, hooligans et journalisme ne font pas bon ménage. Les hools n’aiment pas qu’on s’intéresse un peu trop à eux. «Et ce qui a été le plus difficile est sans aucun doute de se faire accepter, confirme Alan Marchal. J’ai dû faire mes preuves et démontrer que je voulais réaliser un vrai travail journalistique, pas un petit article juste destiner à faire le buzz et qui allait encore ternir leur image. J’ai donc commencé par me renseigner sur le sujet pendant un long moment pour trouver les bons interlocuteurs. Il a souvent fallu d’abord un message sur les réseaux sociaux, puis un mail, un coup de téléphone, pour enfin décrocher un rendez-vous dans leur quartier général. Mais une fois que les premières portes se sont ouvertes, les choses ont été plus faciles ensuite. Ils ne me donnaient évidemment pas le numéro de GSM d’un autre noyau dur,mais les avis positifs m’en ont ouvert d’autres.»

Loin des clichés

Notre collègue a été surpris de ce qu’il a découvert. «J’avais en tête les clichés que tout le monde a, des mecs marginaux, sans boulot, mais on en est finalement très loin, reprend-il. Bien sûr, il y en a, mais j’ai rencontré des mecs qui bossent dans des administrations, des universitaires, des futurs avocats ou médecins, des gens comme vous et moi. L’extrême droite? Là aussi il s’agit d’un stéréotype. En général, ils ne parlent jamais politique entre eux. C’est un sujet un peu plus tabou.»

Même s’il a été publié, aujourd’hui encore, le journaliste poursuit son travail. Contacté par un éditeur, un livre sur le sujet devrait être publié dans quelques mois. « Le travail sera différent dans celui-ci, plus immersif. Il devrait sortir avant la Coupe du monde», promet-il.

En attendant, (re)découvrez notre webdoc: