ANTOING

Une réprimande pour le calvaire de Poly, Animaux en Péril sous le choc

Une réprimande pour le calvaire de Poly,  Animaux en Péril sous le choc

Les sabots du poney n’avaient plus été entretenu s depuis au moins dix ans. ÉdA – 301801946694

Le parquet a choisi de sermonner le responsable de la maltraitance infligée à un poney martyr en mars 2017. À «Animaux en Péril», on se dit choqué.

Les responsables de l’association Animaux en Péril sont sous le choc. Ils viennent d’apprendre par l’intermédiaire de leur avocat que le propriétaire de l’animal, s’il répond aux conditions de l’admonestation, ne sera pas renvoyé devant le tribunal correctionnel, le procureur du roi ayant décidé de classer l’affaire sans suite.

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Un calvaire de plus de 10 ans

Pour rappel, il y a un peu moins d’un an, l’association Animaux en Péril est requise par les services de l’Unité Bien-être Animal de Wallonie afin de prendre en charge un cheval et un poney gravement maltraités sur le territoire de la commune d’Antoing. Jean-Marc Montegnies, le résident d’Animaux en Péril, présent sur les lieux, déclarait n’avoir jamais vu pareille situation en 25 ans de métier. Les deux équidés étaient enfermés depuis de nombreux mois dans des boxes tellement crasseux que la hauteur du fumier atteignait 60 centimètres. Pour le cheval, c’est à ce point problématique que sa tête touche l’intérieur de la toiture. Les animaux survivaient avec une alimentation insuffisante et non adaptée. Leur état de maigreur fut qualifié de cachectique (fonte des graisses et des muscles) et la vermine avait complètement envahi leur toison. Cette dernière tombait d’ailleurs par plaques. Les sabots du poney n’avaient plus été entretenus depuis au moins dix ans et avaient poussé en décrivant une révolution atteignant 540 degrés (un tour et demi). À la sortie de sa geôle, le petit shetland se déplaçait avec autant de courage que de difficultés. À son arrivée au refuge de Meslin-l’Évêque, le vétérinaire dressait un constat sans appel: «Il faut environ 10 ans sans aucun parage pour en arriver à un tel résultat. Les articulations sont déformées, le pelage est couvert de poux et l’état de maigreur de l’animal présente un indice corporel de 1 sur une échelle de 1 à 5. Le pronostic vital est engagé »

Des mois de soins pour une revalidation réussie

Le vétérinaire du refuge et les soigneurs d’Animaux en Péril ont suivi durant plusieurs mois et avec beaucoup d’attention l’évolution de celui qui a été baptisé Poly par l’association. Mais le travail le plus conséquent a été effectué par le maréchal-ferrant du sanctuaire. Aujourd’hui, Poly a fière allure. Il marche, trotte et galope comme n’importe quel autre poney.

Devant la gravité des faits, l’association de protection des animaux était confiante quant à un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel. «Dans mon esprit, il ne faisait aucun doute que le propriétaire de Poly aurait des comptes à rendre à la Justice. Si le parquet ne poursuit pas un tel délit, il ne le fera plus jamais pour une question de maltraitance animale », déclare Jean-Marc Montegnies. La négligence aggravée est une infraction de troisième catégorie qui peut être sanctionnée par une amende de 100€ à 100 000€ et par une peine de prison de huit jours à 6 mois de prison.

Une émotion internationale

L’admonestation sévère (terme légal pour décrire une réprimande appuyée) infligée par le parquet en lieu et place d’un renvoi en correctionnelle le fait bondir: « Alors qu’il y a une volonté grandissante au sein de la population, mais également du monde politique, pour plus de sévérité à l’égard des personnes qui maltraitent les animaux, on se demande de qui se moque le parquet de Tournai?»

L’association n’entend pas se contenter de cette décision invraisemblable et a demandé à son avocat d’étudier la possibilité d’un renvoi du contrevenant devant le tribunal correctionnel par l’intermédiaire d’une procédure en citation directe. Indépendamment de l’amende et de la peine de prison, le juge du tribunal de première instance peut également prononcer une mesure d’interdiction de détention d’animaux à l’égard du prévenu.

L’intervention de l’association Animaux en Péril en faveur de Poly a ému bien au-delà de nos frontières. Le calvaire de ce petit poney a été relayé par de nombreux médias internationaux. Certaines vidéos, notamment aux États-Unis, ont été visionnées par plus de 80 millions de personnes. Cet enthousiasme est sans précédent dans l’histoire du refuge qui accueille pourtant des chevaux et des animaux de ferme depuis 25 ans.