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VIDÉO | Peyo, le cheval au «6e sens» qui rend le sourire aux malades dans les hôpitaux

Peyo est un étalon de 13 ans qui rend visite aux patients dans les hôpitaux. Il apporte réconfort, sourire et bien-être aux malades. Quelques jours avant Noël, une équipe de tournage a suivi le cheval à Dijon.

«C’est magique, c’est fantastique.» C’est par ces quelques mots qu’une aide-soignante, Sandrine Bougenot, décrit le passage de Peyo dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes nécessitant des soins de longue durée à Dijon.

Peyo est un cheval qui rend visite aux malades. Avec sa sensibilité et par sa simple présence, l’étalon de 13 ans apporte réconfort et rend sourire aux patients. «Ma première rencontre avec Peyo, c’était il y a six ans dans le sud de la France, confie Hassen Bouchakour à la chaîne Equideo. À l’époque, je cherchais un cheval pour parcourir le monde avec moi pour les contrats que j’avais notamment dans le cabaret et le music-hall.»

Après plus d’un an de dressage, son propriétaire a pourtant bien failli baisser les bras. «Ça a été très dur, ça se passait tellement mal entre lui et moi. Puis ça a commencé à marcher, j’ai réussi à le rassembler sans l’énerver et dans la plus grande douceur.»

Une énorme empathie

Lassé de parcourir le monde avec son compagnon, Hassen Bouchakour fonde l’association Les Sabots du Cœur. «J’avais pu remarquer à plusieurs reprises que Peyo avait un comportement totalement différent quand il s’agissait de personnes fragiles, des enfants ou des personnes âgées et ça m’a intrigué. Il a envers eux une espèce d’énorme empathie vraiment différente du reste du temps.»

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On obtient des résultats qu’on ne peut pas obtenir en temps normal.

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Aujourd’hui, Peyo prend l’ascenseur et sillonne les couloirs des hôpitaux ou des centres de soins pour apporter un peu de bonheur. «On obtient des résultats qu’on ne peut pas obtenir en temps normal, explique Sandrine Bougenot. Ce sont censés être des personnes qui n’ont plus de mémoire mais il y a toujours quelque chose. Chez chaque personne, il y a toujours une petite étincelle qu’on arrive à trouver. Moi j’ouvre les tiroirs qui sont fermés. Et le cheval permet d’ouvrir certains tiroirs qu’on ne peut pas ouvrir en temps normal.»

Protocole sanitaire strict

Pour entrer dans un hôpital, Peyo doit montrer patte blanche. Lors de chaque visite, son propriétaire doit adapter sa visite aux malades et créer un protocole sanitaire. «On ne sort pas le cheval du champ pour le mettre au contact de patients.» L’étalon doit être déparasité, tondu, tressé, traité et mis en quarantaine deux jours avant et après les visites. «Rien n’est laissé au hasard. Le corps et les membres sont couverts. C’est un protocole qui est lourd et qu’il faut adapter au cheval. C’est un travail de tous les jours car tout est maîtrisé. Cela va du foin, aux granulés à son hygiène de vie quotidienne et à son entraînement.»

Peyo a également dû apprendre «à marcher sur du carrelage, sur des sols plus ou moins glissants, monter des escaliers, prendre l’ascenseur. Le plus difficile a été de lui apprendre à faire ses besoins sur commande. Il a fallu mettre des mots comme on apprend à un chien à se retenir et à sortir. Le cheval a appris et c’est pour ça qu’on peut se permettre aujourd’hui d’entrer dans un établissement.»

Un sixième sens

Pour Hassan Bouchakour, Peyo fait partie des cheveux qui ont un sixième sens. «Ils sont capables de lire en nous avant même qu’on ressente nous-même les choses. Ce sont des chevaux assez rare mais il y en a. Ils ne viennent pas simplement nous faire un câlin, ce sont des chevaux qui ont compris et qui savent viser le point fragile chez les personnes. D’hôpitaux en hôpitaux, de patients en patients, on observe à chaque fois que lorsqu’il y a une pathologie assez compliquée, le cheval se dirige vers le membre qui est malade, parfois la tête, le cœur ou les jambes, et il se met à avoir des réactions assez surprenantes.» L’ensemble du corps médical est «à chaque fois surpris qu’autant d’humanité puisse venir d’un animal».

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Je ne peux pas dire qu’il y a des miracles car les miracles n’existent pas mais c’est vraiment fantastique.

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Au final, ce projet qui fédère le personnel, les malades et leur famille permet aux patients de retrouver certains souvenirs et gestes et une sorte de bien-être au contact de Peyo. Suite à sa visite, une personne âgée atteinte d’Alzheimer a notamment évoqué son passé. Une autre patiente s’est mise à communiquer alors qu’elle ne le faisait plus. «C’est là qu’on peut dire que c’est magique. Je ne peux pas dire qu’il y a des miracles car les miracles n’existent pas mais c’est vraiment fantastique et ça nous apporte énormément», conclut Sandrine Bougenot.