POLITIQUE

Olivier Chastel défend la politique migratoire «humaine et ferme» du fédéral

Olivier Chastel défend la politique migratoire «humaine et ferme» du fédéral

Olivier Chastel. BELGA

Le président du MR Olivier Chastel a défendu samedi la politique migratoire «humaine et ferme» menée par le gouvernement fédéral, cible de nombreuses critiques de l’opposition après la vive polémique née du rapatriement de ressortissants soudanais.

Outre les témoignages de torture, à la suite desquels une enquête du CGRA a été ordonnée, la collaboration avec les autorités soudanaises, en particulier l’envoi d’une mission d’identification de Khartoum, a été dénoncée avec virulence au cours des dernières semaines. Les appels à la démission du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), se sont par ailleurs multipliés.

Le président des libéraux a donc tenu à revenir lors des vœux de son parti à Wavre sur cette controverse.

«Humaine et ferme», la politique d’immigration du fédéral «se veut accueillante avec tous ceux qui ont besoin de protection et stricte avec ceux qui abusent de nos lois ou de notre hospitalité», a-t-il affirmé.

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Nous ne voulons pas d’une jungle de Calais bis en Belgique

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«Cette problématique complexe nécessite de la nuance et de la pédagogie face aux raccourcis de ceux qui la caricaturent», a-t-il poursuivi, avant d’estimer que l’exécutif fédéral respectait «toutes ses obligations et faisait de la Belgique une terre d’accueil mais aussi un État de droit».

Le chef de file des libéraux a ensuite fustigé ceux pour lesquels «la seule alternative est l’ouverture des frontières et une régularisation massive pour ceux qui refusent de demander l’asile ou qui en sont déboutés».

«Nous ne voulons pas d’une jungle de Calais bis en Belgique, sur le chemin de la Grande-Bretagne», a-t-il conclu.

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Nous ne recevrons pas de leçons de conscience et de morale

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Le Premier ministre Charles Michel a pour sa part répété que le message de son gouvernement était clair et sans ambiguïté. «Nous sommes fermes, nous ne voulons pas de zones de non droit. Notre responsabilité est de défendre nos frontières et d’identifier ceux qui se trouvent sur notre sol, mais nous avons aussi une exigence d’humanité. Nous savons que nous devons être une terre accueillante pour ceux qui fuient la mort, les conflits, le pire de la nature humaine», a-t-il affirmé, avant d’asséner une pique à l’opposition de gauche.

«Nous ne recevrons pas de leçons de conscience et de morale de la part de ceux qui envoyaient des factures de chambres d’hôtel aux contribuables parce qu’ils n’assumaient pas leurs obligations de fermeté et d’humanité en matière d’asile», a lancé M. Michel.

Le chef du gouvernement fédéral a conclu son intervention en affirmant avoir appris «deux leçons» au cours des derniers mois. Tout d’abord qu’un «parti politique, même quand il est bruyant, n’est rien sans partenaire» et ensuite que «le leadership, c’est garder son sang-froid quand d’autres perdent le nord».