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Débat sur le viol: la RTBF s’excuse et prend des mesures contre ce genre de «malentendu»

Débat sur le viol: la RTBF s’excuse et prend des mesures contre ce genre de «malentendu»

L’intitulé du débat (ici dans le bandeau) a choqué. La RTBF présente ses excuses. RTBF Auvio

Une dizaine d’heures après l’émission «C’est vous qui le dites!» qui a choqué l’opinion publique, la RTBF clarifie son propos, s’excuse et promet de prendre des mesures pour éviter ce genre d’incidents à l’avenir.

La RTBF n’a pas tardé à s’exprimer sur la polémique naissante autour de son animateur vedette mais décrié, Benjamin Maréchal. Ce matin, il organisait un débat autour des propos de Brigitte Lahaie lors d’un débat télévisé diffusé jeudi soir sur une chaîne française.

Lors de ce débat, qui portait sur la lettre signée par 100 femmes pour la « liberté d’importuner », ayant fait suite à l’affaire Harvey Weinstein, le thème du viol fut abordé et Brigitte Lahaie déclara: «On peut jouir lors d’un viol, je vous signale».

«En abordant le sujet, la volonté de «C’est vous qui le dites» était de recadrer ce propos, précise la RTBF, ce qui fut largement fait en donnant la parole à des victimes de ces crimes qui ont pu exprimer leurs profondes blessures et à la féministe Caroline de Haas, opposée hier à Brigitte Lahaie dans le débat sur BFM TV. Elle a rappelé son point de vue et son désaccord total avec les propos de Brigitte Lahaie.»

Amalgames et ambiguïté

Malgré ces bonnes intentions, la RTBF regrette «que l’énoncé du sujet ait heurté la sensibilité de nombreuses personnes, créé des amalgames et une ambiguïté sur la portée éditoriale de l’émission et par là même sur la position sans équivoque du service public.»

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La RTBF tient à leur présenter ses excuses, rappelant que le viol est un crime puni par la loi, un acte de violence intolérable et un véritable drame, comme l’ont rappelé l’animateur et les différents intervenants à maintes reprises en cours d’émission.

»

Au-delà du cadre de l’émission en question, la RTBF réaffirme sa position sur le sujet des violences envers les femmes. Dans son communiqué, le groupe public rappelle son engagement concernant l’information sur ces actes, délits et crimes sexistes et «son traitement de ce problème crucial au sein de notre société.»

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Il ne saurait être question de banaliser ces violences contre les femmes, même si elles sont dramatiquement répétitives. (…) Nous nous engageons (…) pour le respect des victimes à utiliser les mots pour nommer ces meurtres, assassinats ou violences.

»

«Promis, on fera gaffe»

La RTBF ne peut ignorer le tollé suscité ce vendredi. Afin d’éviter de telles situations dans le futur, le groupe audiovisuel «prend dès à présent toutes les mesures utiles pour s’assurer qu’à l’avenir l’énoncé des sujets de l’émission ne puisse plus donner lieu à des interprétations et malentendus.»

Quant au futur de l’émission tant et souvent décriée, la direction répète que les réflexions se poursuivent en interne, «en étroite collaboration avec l’équipe de l’émission et les responsables éditoriaux de l’entreprise.»