BELGIQUE

Benoît Lutgen sur Maystadt: «Il faisait partie des plus grands»

Benoît Lutgen sur Maystadt: «Il faisait partie des plus grands»

Benoît Lutgen au congrès programmatique du cdH le 3 décembre 2017. Photo News

Benoît Lutgen, président du cdH, fait part de sa «tristesse et de son émotion» après avoir apris le décès de Philippe Maystadt.

«La Belgique, l’Europe, la Wallonie, le cdH, perdent un des responsables politiques les plus brillants que notre pays ait connus durant ces quarante dernières années», déplore le sucesseur de Maystadt. Il rend honneur à «une personnalité remarquable, reconnue internationalement, pour ses compétences en matière de gestion financière, pour sa vision, sa rigueur et sa clarté d’expression qui en faisait un pédagogue avisé.»

Joëlle Milquet, qui a exercé avec M. Maystadt la présidence du cdH, a également exprimé son émotion. «Aucun mot ne pourra jamais exprimer l’ampleur de l’émotion, du respect, de l’affection et de la reconnaissance profonde que j’éprouve suite à (cette) annonce si triste», a-t-elle souligné

Benoît Lutgen salue encore «une référence, celle d’un homme qui a donné toute sa noblesse à l’engagement politique. Un homme d’État, qui a mis ses talents au service de causes qu’il estimait justes et qui l’ont motivé durant toute sa vie.»

 

Efficace, engagé, audacieux

 

Lutgen fait l’éloge de l’homme fort du redressement wallon, dès le début de sa carrière, «quand il fut engagé très jeune au cabinet d’Alfred Califice, Ministre carolorégien, pour préparer le premier budget wallon. Il n’a jamais renié ce moteur de son action, même si occupé sur d’autres terrains, il agissait avec discrétion, gage pour lui d’efficacité.»

«Son engagement social fut une autre constance. Ministre des Finances pendant plus de dix ans, c’est à ce poste qu’il a acquis sa réputation internationale. Il ne fut pas seulement influent grâce à sa maîtrise. Il fut l’artisan de politiques audacieuses. Elles l’ont amené, par exemple, à s’opposer aux intérêts de lobbys et à proposer des solutions inventives pour moderniser la gestion de la dette et de la trésorerie grâce à de nouvelles techniques d’emprunt, plus concurrentielles et plus diversifiées. Ces politiques étaient dictées par sa volonté de dégager des moyens pour améliorer la situation du plus grand nombre», continue Benoît Lutgen.

Indécrotable européen

À la tête de la Banque européenne d’investissement, «il a donné tout son sens à la raison d’être de la BEI: soutenir des projets porteurs, stimuler la croissance au nom d’un idéal européen auquel il n’aura pas cessé de croire.»

Le président du cdH se rappelle d’un homme au sercice de son idéal, dont l’entrain n’a pas fléchi avec l’âge et la maladie: «Il considérait que telle était sa mission, pour tenter de contrer les tentations du repli et du populisme dont tout son être l’éloignait: ses convictions, son tempérament, ses références démocrates chrétiennes, son attachement aux pères de l’Union européenne dont il fut un héritier doué, digne et exemplaire.»

«Philippe Maystadt sera toujours pour nous une source d’estime et d’inspiration. Il faisait partie des plus grands», conclut Benoît Lutgen au nom de son parti, avant de présenter ses condoléances aux proches et à la famille de l’ancien ministre d’État.