FOOTBALL

Sa Pinto exclu : l’entraîneur du Standard suspendu pour 3 matchs

Sa Pinto exclu : l’entraîneur du Standard suspendu pour 3 matchs

L’entraîneur du Standard est passé devant la Commission des litiges, ce mardi après-midi. Et attend de savoir s’il sera suspendu vendredi, à Waasland-Beveren. BELGA

Exclu à Anderlecht en Coupe de Belgique, l’entraîneur du Standard passait ce mardi devant la Commission des litiges. Le Parquet a requis six matchs de suspension; le club liégeois demandait la nullité de la sanction. Et la Commission l'a suspendu trois rencontres.

C’est à un beau cas d’école juridico-réglementaire que l’on a assisté, ce mardi en début d’après-midi à la Commission des litiges de l’Union belge. Au centre du débat, l’exclusion de Ricardo Sa Pinto, mercredi, en Coupe de Belgique, à Anderlecht. Pour rappel, après avoir senti un gobelet s’écraser à ses pieds, dans un match émaillé par de nombreux débordements de supporters mauves, l’entraîneur du Standard s’était couché sur la pelouse, montrant à l’arbitre, M. Wouters, qu’il avait été atteint par un projectile. L’officiel l’avait d’abord renvoyé sur le banc, avant de lui annoncer qu’il était exclu, provoquant son incompréhension et un énervement assez spectaculaire.

Une sanction exemplaire

Ce mardi, à l’Union belge, les points de vue étaient (évidemment) très opposés. Le Parquet a réclamé six matchs de suspension: à savoir deux matchs pour s’être couché et avoir cherché à «gagner du temps», plus quatre matchs pour s’être ensuite comporté de façon «agressive» envers Luc Wouters une fois exclu. Plus une amende. Une sanction qui aurait des allures d’exemple, donc.

«M. Wouters avait dit qu’il arrêterait le match»

Du côté du Standard, Ricardo Sa Pinto était défendu par Pierre Locht. Le juriste du club a surtout insisté sur un tout autre aspect de cette affaire, plus procédural: Luc Wouters ne devait-il pas appliquer l’article 813 du règlement, qui prévoit, après un appel au micro puis un arrêt temporaire (comme lors du dernier clasico), que l’arbitre doive arrêter définitivement le match au troisième débordement? «Il n’a aucun pouvoir d’appréciation sur ce règlement», estime Pierre Locht, qui demande donc la nullité de la sanction. Il a également souligné le fait que Ricardo Sa Pinto «n’a pas simulé, puisqu’il n’a pas fait mine d’être blessé, mais a simplement attendu l’arbitre pour lui montrer son pantalon mouillé. Par ailleurs, il n’arrête pas le jeu non plus, puisque celui-ci l’était déjà à ce moment (NDLR: M. Wouters avait sifflé un instant plus tôt).» L’entraîneur du Standard a demandé des explications seulement après que l’arbitre l’ait exclu, insiste Pierre Locht… qui met en avant un élément qui n’avait pas été communiqué jusqu’ici: «Lorsque M. Wouters avait ramené tous les acteurs du match aux vestiaires lors de la première interruption, il a signalé à tout le monde qu’au débordement suivant, le match serait définitivement arrêté…» Le Standard estime donc que l’arbitre aurait dû arrêter définitivement la rencontre, puisque de nouveaux jets d’objets ont eu lieu dans le rectangle de Jean-François Gillet et envers son entraîneur. Ricardo Sa Pinto pensait que ce serait le cas, lorsqu’il s’est couché par terre, assure-t-on du côté liégeois.

Sa Pinto: «Moi, j’ai déjà perdu»

L’entraîneur du Standard, présent lui aussi, s’est expliqué… en anglais, plutôt qu’en français, pour une fois. Et a conclu sur les conséquences de cette affaire: «Moi, j’ai déjà perdu, M. le président. Ma réputation et mon image de sérieux en ont pris un coup. Il me semble que je ne mérite pas cela, car je n’ai rien fait.» Il a ensuite quitté Bruxelles, direction le Sart-Tilman, pour l’entraînement prévu à 17 h. Il connaîtra la sanction de la Commission des litiges en fin d’après-midi.

Trois matchs de suspension

Vers 18h, la suspension est tombée: l’entraîneur du Standard a écopé de 3 matchs de suspension, du 7 décembre au 21 décembre. Il ratera donc les déplacements à Waasland et Ostende, en Coupe, et le match contre Gand. Ricardo Sa Pinto devra également s’aquiter d’une amende de 1 000€. 
La Commission des litiges ne s’est pas estimée compétente pour juger si oui ou non M. Wouters aurait dû arrêter le match. Le Standard (comme le Parquet) peut aller en appel de la sanction. La Commission d'appel se réunirait alors vendredi, ce qui n'empêcherait pas l'entraîneur portugais de rater le match du soir-même en cas de sanction.

+ MISE A JOUR | Le Standard va en appel