JUDICIAIRE

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux

- ÉdA

Quand un homme accuse le mur et le carrelage pour les coups observés sur son épouse, quand un prévenu menace un juge en pleine audience et quand un homme jaloux tente d’écraser sa victime… Voilà ce qui s’est passé cette semaine dans nos tribunaux.

Conflit de voisinage, vol, infraction au code de la route, agression, autant de motifs de se retrouver face au tribunal. S’il existe une multitude d’alternatives pour l’éviter, force est de constater que nos tribunaux sont pleins. Face à ces hommes et ces femmes pris en défaut: un juge. À lui de jauger les arguments de chacun pour ensuite opter pour la compréhension, le sermon et parfois la punition.

Mais il faut bien reconnaître que parfois, il est difficile de détecter la sincérité de la mauvaise foi. En effet certains usent de fourberie quand ils font face au tribunal. Toutes les excuses sont bonnes.

L’Avenir vous invite à découvrir ces petites scènes insolites de vos tribunaux. Découvrez notre sélection du meilleur du pire de vos tribunaux.

Prévenu pour menaces, il… menace la juge

Détenu à la prison de Nivelles, un Bruxellois a été conduit au tribunal correctionnel de Mons pour entendre son jugement pour des faits de menaces. Et la meilleure chose que Brahim trouve à faire en entrant dans la salle d’audience est de… menacer la présidente: «La prochaine fois que tu me verras, je serai en noir… Ici, ce sera Paris!»

Ni une, ni deux, voilà que le jeune se retrouve avec une nouvelle accusation sur la tête, celle d’outrages à magistrat. Mais selon Brahim, ses paroles ont dépassé sa pensée: «On ne m’avait pas donné mes médicaments que je dois absolument prendre pour des problèmes psychiatriques. Quand je suis passé devant la juge, j’ai dérapé en tenant des propos déplacés.»

Une scène d’amour publique qui coûte cher

Un homme de 46 ans souhaitait prendre un peu de bon temps lors de la Gay-street à Liège. Éméché, il rencontre une femme qui semble avoir la même envie que lui. Et hop, le couple entame une relation sexuelle en pleine rue lorsqu’il est stoppé par la police.

En pleine action, l’homme ne se rend tout d’abord pas compte que les agents tentent de l’arrêter. Au tribunal, il déclarera d’ailleurs qu’il était trop absorbé par ses ébats pour se rendre compte que de nombreuses personnes avaient pu y assister.

«J’ai été bousculé et ma tête a sans doute heurté son nez»

Grans seigneur, Michel prête un matelas à une amie arrivée de Suisse pour que la jeune femme puisse s’installer dans un gîte. Mais lorsqu’il veut récupérer son bien, les choses dégénèrent et une discussion violente intervient avec le propriétaire de l’établissement. Résultat, ce dernier se retrouve avec le nez fracturé.

Au tribunal, le prévenu explique que c’est lui qui a été agressé et non l’inverse: «J’ai essayé de me défendre. J’ai été bousculé et ma tête a sans doute heurté le nez du propriétaire de la chambre d’hôte.» Nous y voilà, Michel n’a donc pas fait exprès… C’était la faute à pas de chance. Ce que le tribunal n’a pas cru.

Non, il n’a pas tenté d’écraser le tripoteur de sa femme

Au salon Eros à Liège, une strip-teaseuse se fait caresser les fesses lors show organisé pour une soirée VIP. La danseuse confie ensuite à son mari qu’elle n’a pas été la seule à avoir été tripotée par une bande de jeunes. La fin de soirée sera assez tendue entre l’Engissois et les fêtards.

Lorsque le mari, jaloux, va chercher sa voiture pour quitter le salon, il tombe «par hasard» sur la bande en question. Au volant de son véhicule, il fait demi-tour et percute l’un des jeunes. Au tribunal, il confie n’avoir pas fait exprès: «Je ne savais pas que j’avais percuté quelqu’un, j’ai uniquement vu un attroupement de personnes derrière ma voiture après mon passage.» Avec une commotion, une perte de connaissance et 84 jours d’incapacité de travail pour la victime, on en doute…

«Je me drogue comme certains vont boire un verre»

Tiago le reconnaît volontiers, il consomme environ 10 grammes d’héroïne par jour. Mais pour lui, rien d’anormal car il se «drogue comme certains vont boire un verre». Est-il un simple consommateur comme il le prétend? La police n’y croit pas.

Chez l’Athusien, les agents découvrent de la drogue, des sachets de conditionnement, plus de 1000€ en liquide, des bijoux, dix GSM ainsi que deux voitures dont une immatriculée à Monaco. Mais l’homme trouve réponse à tout et nie tout trafic, il invitait juste chez lui «des gars mariés et pères de famille qui venaient passer la soirée en se droguant».

Il mord le policier qui tente de l’arrêter

Multirécidiviste, un Aubangeois de 26 ans retombe dans ses travers en reprenant son commerce de stupéfiants. Mais le 15 septembre dernier, il est contrôlé par la police. Fou de rage, l’homme ne se laissera pas appréhender si facilement et tous les moyens seront bons pour éviter la capture, même mordre un policier.

Aujourd’hui, le dealer risque de passer un bon moment derrière les barreaux de la prison d’Arlon dans laquelle il se trouve déjà détenu préventivement car le parquet réclame 30 mois de prison ferme.

Les «plombiers» voleurs d’œuvres d’art

L’histoire semble être trop grosse pour être vraie mais pourtant elle l’est. Une équipe de «plombiers» étrangers dévalisait des maisons namuroises pour y dérober les œuvres d’art. Mais comment savaient-ils où se rendre?

La petite équipe de cambrioleurs multirécidivistes était en fait renseignée par un antiquaire bruxellois. Ce dernier lorsqu’il avait suffisamment d’infos sur ses victimes envoyait la troupe au travail. Les objets dérobés se retrouvaient ensuite dans la vitrine de son commerce.

Au tribunal, l’avocat explique que son client a manigancé ces opérations suite à des problèmes financiers car il est, en réalité, un grand amoureux de l’art.

La bosse et l’œil? «C’est le résultat d’une chute»

Apprenant que son mari souhaite la quitter, Nathalie tente de mordre son époux. Celui-ci rétorque mais apparemment plus qu’il n’a bien voulu l’avouer au tribunal car la jeune femme se retrouve avec une bosse, des ecchymoses et un œil au beurre noir qu’elle ne parvient pas à ouvrir.

Que s’est-il donc alors passé si le prévenu n’a fait que se défendre? «À aucun moment je n’ai porté de coup direct, je l’ai repoussée, parfois violemment, surtout après qu’elle ait tenté de me mordre. La bosse et l’œil, c’est le résultat d’une chute contre un mur et le carrelage.» En voilà encore un qui n’a pas frappé sa femme… Mais le tribunal n’a pas cru à sa version des faits.

Violent? Non, «il est atteint d’une maladie grave»

Prévenu de violence envers son épouse, l’homme risque gros vu ses lourds antécédents judiciaires. Pourtant sa peine sera revue à la baisse. La raison? Malgré les coups reçus, sa désormais ex-femme est venue à sa rescousse.

Son ancien compagnon est en fait «atteint d’une maladie grave». Et la jeune femme qui n’a pas l’intention de se remettre en couple ne souhaite «pas qu’il tombe plus bas que ce qu’il n’est déjà». En voilà une qui n’est pas rancunière.

Mais à qui appartient cet ADN?

Volée devant un restaurant, une Mercedes sera retrouvée six heures plus tard. Dedans, les enquêteurs découvriront sur le levier de vitesse l’ADN d’un Louviérois de 26 ans déjà fiché.

Malgré ce fait évident, le prévenu criera jusqu’au bout son innocence face au juge: «Je suis aussi perdu que vous. À cette époque-là, je ne savais d’ailleurs pas conduire! Je ne vais pas assumer ce que je n’ai pas fait.» Le jeune homme aurait-il un double qui se promène dans la nature?