Tournai

DIAPO | Isabelle quitte le Quartier cathédral à Tournai

Après plus de 23 ans de présence à la rue du Curé Notre-Dame, la boulangerie-pâtisserie-épicerie Isabelle arrête son activité à la fin de l’année. Isabelle Pierquin baissera pour la dernière fois son volet le dernier jour du mois de décembre. Avec un gros pincement au coeur..

La boulangerie-pâtisserie - et, en plus, épicerie depuis 2004 - Isabelle, c’est avant tout un sourire, en l’occurrence celui d’Isabelle Pierquin qui préside aux destinées de ce commerce de la rue du Curé Notre-Dame, à deux pas de la Cathédrale, depuis 23 ans déjà. Si elle a décidé de baisser définitivement le volet à la fin de l’année, c’est uniquement pour des raisons économiques. Le commerce n’est plus rentable, à un point tel que depuis quelque temps, il ne lui laisse guère plus de 200 € par mois pour vivre.
L’annonce attriste les habitués qui continuent à franchir le seuil de la boutique malgré les embûches, et navre encore davantage la dynamique patronne unanimement appréciée dans le quartier.

C’est qu’Isabelle est dans la vente depuis qu’elle a 15 ans. C’est en effet à cet âge qu’elle débute, comme apprentie, comme vendeuse ensuite, chez Decocq-Ménart, l’animalerie jadis bien connue de la rue piétonne, et ensuite, durant cinq ans, chez Léonidas à l’époque où le magasin de pralines voisinait encore le cinéma Palace. En juillet 1993, Isabelle s’installe à son compte dans le bâtiment de la rue du Curé Notre -dame qui accueillait auparavant Photo Mil et, par la suite, les articles de pêche du regretté jean-Jacques Decocq.

À la fois dépôt de pains et de pâtisseries, le magasin d’Isabelle défraie la chronique au début des années 2000 car il est le premier, dans la région, à afficher les prix en Euros. Peu après la naissance de son fils, en 2004, Isabelle se lance également dans la petite épicerie.
« À l’époque, on avait annoncé que le GB du centre-ville fermerait ses portes, explique-t-elle. J’ai donc pensé qu’il serait intéressant d’offrir aux habitants du quartier la possibilité de se dépanner sans faire des Km… » Le GB n’a jamais fermé ses portes mais Isabelle a conservé ses étals de conserves et de produits divers.

Aujourd’hui, le constat est amer. Le commerce n’est plus rentable.

« Nous avons perdu le marché aux fleurs qui est parti place de Lille, explique-t-elle. Cela nous a déjà fait du tort et le marché artisanal ne compense certainement pas, d’autant plus qu’un boulanger-pâtissier est présent sur celui-ci. Et puis, il y a eu les travaux qui n’en finissent pas de durer. Au point que l’un de nos fournisseurs ne voulait plus nous livrer. Il faut ajouter à cela la disparition d’un certain nombre de places de parking, la vigilance que mettent les agents constatateurs pour sanctionner les clients qui se garent l’espace de quelques minutes devant la chapelle située en face, le blocage récurrent de la rue alors qu’il ne s’y passe rien et la diminution du nombre d’élèves au sein de l’école des Frères toute proche qui visitaient régulièrement le magasin… Bref, je préfère en rester là et postuler pour un emploi de salariée, toujours dans la vente bien entendu… »

Fort heureusement, le bâtiment lui appartient, si bien qu’elle ne doit pas s’acquitter d’un loyer en plus des charges habituelles. Aujourd’hui, elle met le magasin en vente. Isabelle s’en va, triste de quitter un quartier qu’elle aimait et des habitués qui le lui rendaient bien. Mais confiante en l’avenir…¦

Le départ d’Isabelle sera effectif à la fin décembre. D’ici là, la boutique reste ouverte tous les jours sauf le mardi.