JUDICIAIRE

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux (6)

Scènes de vie au palais de justice: le meilleur du pire de nos tribunaux (6)

cour d’appel heymans

Quand un homme agresse son beau-frère au coupe-bordues, quand un couple organise une marche parrainée pour se payer sa cocaïne et quand vendre de la drogue permet de vivre une vie de grand luxe… Voilà ce qui s’est passé cette semaine dans nos tribunaux.

Conflit de voisinage, vol, infraction au code de la route, agression, autant de motifs de se retrouver face au tribunal. S’il existe une multitude d’alternatives pour l’éviter, force est de constater que nos tribunaux sont pleins. Face à ces hommes et ces femmes pris en défaut: un juge. À lui de jauger les arguments de chacun pour ensuite opter pour la compréhension, le sermon et parfois la punition.

Mais il faut bien reconnaître que parfois, il est difficile de détecter la sincérité de la mauvaise foi. En effet certains usent de fourberie quand ils font face au tribunal. Toutes les excuses sont bonnes.

L’Avenir vous invite à découvrir ces petites scènes insolites de vos tribunaux. Découvrez notre sélection du meilleur du pire de vos tribunaux.

Une sexagénaire vendeuse d’armes

Lors d’une perquisition, la police a découvert chez une habitante d’Aywaille de 67 ans huit coups-de-poing américains. C’est suite à une dénonciation anonyme que les agents ont découvert le butin. La sexagénaire se livrait à des ventes d’armes illégales sur des brocantes.

Déjà condamnée à trois et trois mois de prison avec sursis probatoire pour complicité d’assassinat et tentative d’assassinat, l’Aqualienne risque 12 mois de prison supplémentaire pour port d’armes.

Menaces au coupe-bordures

En pleine discussion avec sa sœur et son beau-frère au sujet d’une dette que le couple n’honore plus et qui incombe donc à leur mère qui s’est portée garante, un Braivois s’est emporté. Effectuant des travaux de jardinage au moment des faits, il s’est emparé de l’un de ses outils pour blesser et menacer son beau-frère.

Mais au tribunal, le conseil du prévenu tente de minimiser l’emploi d’une débroussailleuse: «Il s’agissait d’un coupe-bordures, ce qui n’est pas vraiment la même chose!» Débroussailleuse ou coupe-bordures, le Braivois risque en tout cas la prison.

À lui le cannabis? Non, à Monsieur King Kong

Un Liégeois de 37 ans a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Liège à une peine de 250 heures de travail, ou 15 mois de prison en cas de non-exécution, pour avoir cultivé et fabriqué du cannabis.

Le prévenu a pourtant toujours nié les faits. Il assure avoir loué son hangar à un certain Monsieur King Kong, un Asiatique qui souhaitait stocker des aliments mais qui en a profité pour installer une plantation de cannabis.

Pas de bol pour le Liégeois, M. King Kong n’a jamais été retrouvé et le tribunal n’a pas gobé son excuse.

«Je ne suis pas quelqu’un de pervers»

C’est le démantèlement d’un réseau d’images pédopornographiques qui mène la police au domicile d’un ancien instituteur. Quatre de ces anciennes élèves, aujourd’hui adultes, accusent également le Modavien d’avoir eu des demandes et des gestes déplacés envers elles. Mais le prévenu assure que: «Tout est faux.» Se jugeant très bon enseignant, il se dit victime «des jalousies».

Poursuivi pour détention et diffusion d’images pédopornographiques et prévenu d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineures, l’homme jure qu’il n’est pas «quelqu’un de pervers» et qu’il n’a «jamais commis d’actes». Il se montre également étonné de toutes les accusations portées à son encontre.

Il vend du cannabis et s’offre une suite à 3 500€ la nuit à Disneyland

Ils souhaitaient vivre une vie de grand luxe. Et pour y parvenir, il pensait avoir déniché la combine idéale; celle de vendre du cannabis et de la cocaïne à grande échelle. De 50 gr de drogue vendu à la sauvette, ils finissent par écouler 2 kg de marchandise en quelques jours.

Entre 2014 et mai 2017, leur plan fonctionne. Motos, voitures, voyages et suite royale au prix de 3 500€ la nuit à Disneyland, rien n’est trop beau pour les deux dealers. Malheureusement pour eux, des messages échangés lors de ventes les feront tomber.

Aujourd’hui, le tribunal leur réclame deux confiscations financières: l’une de 470 000€ et l’autre de 768 000€. Les voilà à nouveau dans le rouge et endetté jusqu’au cou…

Elle vend la voiture de son ex-patron

Une Liégeoise de 28 ans a été condamnée par le tribunal correctionnel de Liège à une peine de 70 heures de travail pour avoir vendu la voiture de son ex-employeur. Pour y parvenir, elle a dû rédiger un faux document et imiter la signature de son patron.

Au tribunal, la jeune femme a pourtant assuré avoir reçu le véhicule en cadeau lors de sa liaison avec son ex-employeur qui refuse aujourd’hui de reconnaître cette relation. A-t-elle vu rouge et vendu le véhicule?

De l’Alprazolan au lieu de Perdolan: «Il m’a fait sortir de mes gonds»

Trente de mois de prison avec sursis requis par le tribunal pour une mère qui a donné le mauvais médicament à son fils, cela semble beaucoup. Mais c’était sans compter sur le fait que c’est la troisième fois que la prévenue «se trompe».

À la barre, elle s’est justifiée en expliquant que son fils de dix ans l’avait énervée après quatre heures de disputes. «Je n’en pouvais plus. Il m’a fait sortir de mes gonds, j’ai pris le médicament sur la table de nuit sans vérifier ce que je lui donnais. Je l’ai vu se lever du lit et chanceler. Je me suis rendu compte que je m’étais plantée…»

Au moins, elle n’a plus accusé son fils d’avoir pris lui-même l’Alprazolan à la place du Perdolan comme lors de son audition avec la police.

La faute à Médor

Prévenu pour cinq faits de violence envers sa femme, un Grézien de 44 ans a encore une fois nié les faits qui lui étaient reprochés par le tribunal. Des faits chaque fois constatés par la zone de police des Ardennes brabançonnes.

Après avoir expliqué que sa femme ne lui causait que des ennuis, qu’elle avait refusé une relation sexuelle ou qu’il ignorait la cause des hématomes de sa compagne, il a cette fois-ci accusé… le chien de la famille d’avoir mordu son épouse.

Le parquet qui n’y croit pas espère envoyer le Grézien derrière les barreaux aux moins dix mois sur les deux ans demandé.

Une marche parrainée pour payer sa cocaïne

Les personnes dépendantes d’une drogue sont parfois très inventives pour se procurer l’argent nécessaire à l’achat de leurs doses. Après avoir effectué des dizaines de vols dans des voitures, un couple de toxicomane a opté pour une nouvelle tactique; celle d’organiser une marche parrainée sur le territoire d’Hamois.

Pour être crédible jusqu’au bout, ils ont bien pris la peine d’inscrire sur leur feuille de marche parrainée le nom d’une école du village. Mais pas de bol pour le couple, ils sont tombés sur une enseignante de l’école qui savait qu’une telle organisation n’avait pas lieu actuellement.

Poursuivi pour vols, association de malfaiteurs et escroqueries, le couple passera probablement plusieurs mois en prison…

«J’ai pris le couteau pour l’impressionner. Puis cela a dérapé et je lui ai enfoncé dans le poignet»

Souhaitant récupérer les 300 euros qu’un «ami» leur devait, des Cominois sont partis en expédition punitive pour récupérer leur argent. Arrivés chez leur victime, ils le prennent en otage direction la banque. Mais cela ne fonctionne pas… Le meneur de la bande se saisit alors d’un couteau pour menacer sa proie et lui extorquer la somme.

«J’étais sous cannabis, argue le dealer. J’ai décidé d’aller le voir pour lui réclamer l’argent puis j’ai perdu mon sang-froid. Au début, j’ai pris le couteau pour l’impressionner. Puis cela a dérapé et je lui ai enfoncé dans le poignet».

Prévenus d’agression, de prise d’otage et de trafic de drogue, les prévenus risquent entre 4 et 12 ans de prison! Des peines que les conseils estiment démesurées et honteuses surtout pour l’un d’entre eux: «Dix ans pour un jeune homme sans casier, c’est énorme. Il ne savait pas ce qui allait se passer en partant.»