La pollution détériore la qualité du sperme

La pollution détériore la qualité du sperme

Les chercheurs ont observé une corrélation entre l’augmentation de la concentration des spermatozoïdes et la hausse des niveaux de particules fines. RelaxNews

Une nouvelle étude prouve que l’exposition aux particules fines entraîne une détérioration de la qualité du sperme et pourrait expliquer la baisse de fertilité.

Menée à Taïwan entre 2001 et 2014 sur une population de 6 457 hommes âgés de 15 à 49 ans, l’étude publiée aujourd’hui par le journal spécialisé «Occupational & Environmental Medicine» démontre un «lien fort» entre la pollution et notamment l’exposition aux particules fines PM 2,5 et une détérioration de la qualité du sperme.

Paradoxalement, les chercheurs ont également observé une corrélation entre l’augmentation de la concentration des spermatozoïdes et la hausse des niveaux de particules fines. Il s’agirait, avancent-ils d’un phénomène de compensation de la dégradation de la forme des spermatozoïdes.

Une explication qui n’a guère de fondements scientifiques, critique Sheena Lewis, professeur émérite de médecine reproductive à la Queen’s University de Belfast.

D’autres chercheurs tempèrent les résultats

L’étude basée sur l’observation n’établit «pas de lien de causal» entre la pollution et les modifications du sperme enregistrées, souligne le professeur Kevin McConway, statisticien (Open University, Royaume-Uni).

Les chercheurs ont tenu compte, statistiquement, de plusieurs facteurs tels que l’âge, l’éducation, l’indice de masse corporelle (qui mesure le surpoids), le tabagisme ou la consommation d’alcool, susceptibles d’influer sur les résultats.

Mais, argumente le Pr McConway, «ils ignoraient où travaillaient ces hommes» et n’avaient, par exemple, que des «informations limitées» sur leur exposition à d’éventuels effets nocifs au travail et «donc ne pouvaient pas prendre tout en compte».

Pour sa part, le professeur Allan Pacey, spécialiste britannique d’andrologie relève que l’évaluation de la taille et de la forme des spermatozoïdes (morphologie) est l’un des tests les plus difficiles à réaliser et peut donc être moins précis.

En outre, ce critère ne serait pas aussi cliniquement pertinent qu’on le pensait, d’après de «nombreux médecins et scientifiques», note-t-il dans un commentaire auprès du Science Media Centre de Londres.