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Ratko Mladic, surnommé le «boucher des Balkans», condamné à perpétuité pour le génocide de Srebrenica

L’ancien chef militaire serbe de Bosnie, Ratko Mladic, a été condamné ce mercredi par le TPIY pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ratko Mladic, surnommé le «boucher des Balkans», condamné à perpétuité pour le génocide de Srebrenica
Photo prise le 26 juin 1995, montrant Ratko Mladic, général en chef de l’armée serbe de Bosnie. AFP
Il est surnommé le «boucher des Balkans». Ratko Mladic était à la tête de l’armée des Serbes de Bosnie impliquée dans les événements les plus noirs de la guerre en ex-Yougoslavie (1992-1995).

Lié aux massacres de la population musulmane à Srebrenica ou encore au douloureux siège de la ville de Sarajevo, cet ancien bras armé de la sanglante triplette aux côtés de Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic avait fui à la fin du conflit.

 

Une «idole» chez lui

 

Accusé à La Haye, où est basé le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslabie (TPIY), d’être le «cerveau derrière le meurtre de milliers de personnes» et poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, il reste toujours une «idole» chez lui en Républika Srpska, entité d’un million de Serbes de Bosnie.

Glorifié en «De Gaulle serbe», il est, avec son alter ego politique Radovan Karadzic, un «architecte de la politique de nettoyage ethnique» d’une partie de la Bosnie en vue de créer un État serbe ethniquement pur, selon le procureur Serge Brammertz.

 

16 ans de cavale

 

Ratko Mladic, surnommé le «boucher des Balkans», condamné à perpétuité pour le génocide de Srebrenica
Il était notamment accusé d’être AFP
Il avait été inculpé le 25 juillet 1995, quelques jours après le massacre de près de 8 000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica (nord-est de la Bosnie), pour lequel il est accusé de génocide.

Lui sont également reprochés l’enlèvement d’employés des Nations unies et le siège de Sarajevo, long de 44 mois, au cours duquel 10 000 personnes ont été tuées, des civils pour la plupart.

Après 16 ans de cavale, affaibli par trois accidents vasculaires cérébraux, Mladic avait été arrêté chez un cousin et déferré devant le Tribunal Pénal International de La Haye où il était poursuivi pour 11 chefs d’accusation, dont «crime de génocide» et «crime contre l’humanité».

La perpétuité

 

Présent dans le box des accusés pour la lecture de son jugement avant d’en être évacué juste avant le prononcé après avoir crié aux juges qu'ils mentaient, le criminel de guerre a écopé d’une condamnation en première instance à la peine d’emprisonnement à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Peu après la lecture du verdict, la défense de Ratko Mladic a spécifié qu'elle comptait interjeter appel de cette condamnation: «Cette peine est injuste et contraire aux faits, et nous la combattrons en appel pour prouver que ce jugement est faux», a ainsi déclaré Darko Mladic, le fils du général, lors d'une conférence de presse.