ASILE

Les communautés religieuses de Belgique organisent un couloir aérien pour 150 migrants syriens

Les 150 bénéficiaires de cette initiative seront identifiés sur base de la «vulnérabilité»: «familles avec enfants», mais aussi des «personnes âgées» et des «personnes ayant besoin de soins médicaux spécialisés».

Une «déclaration d’intention» va être signée mercredi après-midi à Bruxelles par le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) et des représentants des cultes reconnus de Belgique, pour l’arrivée en 2018, grâce à des fonds privés, de 150 migrants syriens, qui ne seront pas hébergés par Fedasil après leur arrivée mais bien par différentes communautés religieuses.

Le projet, dit de «couloirs humanitaires», sera coordonné par la communauté laïque chrétienne de Sant’Egidio, qui s’en dit l’initiatrice et communique à ce sujet mardi soir. Il s’agira d’accueillir 150 personnes de nationalité syrienne, arrivées en Belgique depuis la Turquie et le Liban avec un visa humanitaire. «Une fois dans notre pays, ils pourront faire une demande d’asile et construire un nouvel avenir. Pendant la durée de la procédure de la demande d’asile, ils ne seront pas accueillis dans un centre de Fedasil, mais ils seront pris en charge par des communautés religieuses de toute la Belgique», précise la Communauté de Sant’Egidio, qui réplique ainsi en Belgique des accords déjà développés en Italie et en France.

Le secrétaire d’État N-VA avait déjà indiqué dans l’après-midi, sur son compte Twitter, qu’une «conférence de presse avec Sant’Egidio» était inscrite à son programme du lendemain.

Le texte sera également notamment signé par le cardinal Jozef De Kesel.

Concrètement, Theo Francken «s’engage» à délivrer un visa humanitaire à 150 Syriens attendus en 2018, leur permettant de voyager en sécurité vers la Belgique où ils pourront faire une demande d’asile en bonne et due forme. Les candidats seront en effet «contrôlés à l’avance afin que les Autorités connaissent le profil des personnes qui vont venir en Belgique», selon les mots de Jan De Volder de la Communauté de Sant’Egidio, tels que relayés dans le communiqué de la Communauté.

Une fois arrivés en Belgique, ils seront pour la plupart pris en charge par les diocèses catholiques, en collaboration avec l’antenne belge de l’ONG Caritas. Mais «les Églises protestantes, évangéliques, orthodoxes et anglicanes, les communautés juive et musulmane contribueront aussi concrètement à l’accueil».

Le voyage et l’accueil seront donc pris en charge intégralement, financièrement et dans la pratique, par des associations privées, soit les cultes reconnus de Belgique. Celles-ci se chargeront également d’un accompagnement d’un an, destiné à soutenir le parcours d’intégration de ces candidats à l’asile.

«C’est une initiative positive qui s’ajoute aux 1.150 réfugiés que notre pays accueillera, en 2018, dans le cadre du programme européen de réinstallation», commente Theo Francken.

Les 150 bénéficiaires de cette initiative seront identifiés sur base de la «vulnérabilité», assure la Communauté de Sant’Egidio, qui cite des «familles avec enfants», mais aussi des «personnes âgées» et des «personnes ayant besoin de soins médicaux spécialisés».