CHARLEROI

Double meurtre de Sivry-Rance: clémence et acquittement au cœur des plaidoiries

Double meurtre de Sivry-Rance: clémence et acquittement au cœur des plaidoiries

L’avocat Fabian Lauvaux a plaidé la clémence pour son client victime de sa relation avec sa mère: «ils s’aimaient trop et ils s’aimaient mal.». BELGA

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entendu les plaidoiries de la défense lundi soir dans le dossier du double meurtre de Sivry-Rance, commis le jour de Noël 2014.

Me Lauvaux a sollicité la clémence pour Xavier M. qui est en aveux d’avoir tué sa mère et sa tante. Me Dessy, conseil de la compagne soupçonnée de recel de cadavres et de l’incendie de la voiture, a plaidé l’acquittement.

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Me Lauvaux, conseil de Xavier M., n’a pas contesté le double meurtre ni invoqué d’excuse particulière. L’avocat a toutefois précisé le contexte d’amour/haine qui gangrénait les relations entre son client et sa mère, Danièle Wallemacq: «ils s’aimaient trop et ils s’aimaient mal. Au décès de son père, qui servait de tampon entre eux, les relations ont périclité avec sa maman. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide».

Xavier M. et Jennifer C. vivaient en vase clos avec Danièle Wallemacq, dans cette maison partagée. «Le repas du soir se faisait en famille, impossible de déroger à la tradition. Elle couvait son fils mais n’a jamais accepté Jennifer», a précisé l’avocat. Selon ce dernier, le prévenu serait entré dans une colère incontrôlable lorsqu’il s’est trouvé confronté à sa mère, sans doute armée d’un couteau, au terme d’une énième dispute. Me Lauvaux a finalement sollicité une juste peine, tenant compte du contexte et de la personnalité de son client, un homme renfermé mais qui corrige ses erreurs lorsqu’il le peut.

Me François Dessy a quant à lui sollicité l’acquittement de Jennifer C. qui n’était pas là au moment des meurtres et qui a été mise devant le fait accompli par Xavier M.. Sa cliente nie avoir apporté une quelconque aide, tant elle était affolée. «Elle est jetée sur une scène de crime bestiale. Quand elle arrive sur place, elle est la seule personne vivante face à quelqu’un qui vient de tuer deux personnes. Elle est acculée», a noté l’avocat. Selon ce dernier, sa cliente était en train de vomir lorsque Xavier M. s’est emparé de son briquet et d’un bidon d’essence. «Et le fait d’aller le rechercher à Renlies n’aurait rien changé au résultat: il aurait quoiqu’il arrive bouté le feu au véhicule», a conclu Me Dessy qui estime que sa cliente était sous l’emprise de son compagnon et que, si elle a posé un acte de participation, elle l’a fait sous une contrainte irrésistible.

Jugement le 4 décembre.