TOURNAI

Le Tournai d’avant: l’industriel Desobry fut aussi un héros en 14-18

Qui ne connaît la firme Desobry et ses biscuits? Mais un autre volet de la vie de son fondateur, Léon Desobry, est bien moins connu.

Né à Houthem le 10 février 1897 (décédé en 1973), il abandonne ses études à 17 ans et s’engage dans l’armée afin d’y rejoindre ses deux frères plus âgés. Interprète auprès des troupes anglaises, cette sinécure ne lui plaît pas. Il réussit finalement à se faire envoyer à Fécamp afin de suivre une formation de combat à l’arme blanche.

Il s’y distingue, est nommé sergent. Mais sa volonté est de rejoindre le front, il y parvient au prix de son grade. Caporal, il est versé au 23e de Ligne et y retrouve ses deux frères.

Jeune, vif, sans peur, il se signale dans cette atroce guerre des tranchées par quelques hauts faits qui démontrent sa bravoure. Ainsi, lors de l’attaque d’un bunker et alors que son bataillon est cloué au sol, il grimpe sur l’ouvrage, y jette une grenade dans la cheminée d’aération.

Patrouilles en camouflage afin de repérer l’ennemi, combats en corps en corps afin de ramener en ses lignes un soldat allemand vivant, ce qui lui valut de perdre deux doigts, il multiplie les exploits.

Fin septembre 1918, il participe à l’offensive ultime, celle de la reconquête. Lors d’un assaut, touché de quatre balles de mitrailleuse, jugé irrécupérable par les brancardiers, il ne doit qu’à ses frères qui le cherchent, D’hôpital de campagne à celui de l’Océan de La Panne où il est soigné parla Reine Élisabeth, il guérit. La balle qui devait traverser son cœur fut déviée par son portefeuille.

Deux ans plus tard, il retrouve la vie civile et un poste de professeur d’anglais au collège Cardinal Mercier à Bruxelles. Mais Léon Desobry a d’autres ambitions et se lance dans le biscuit. Mais cela, c’est une autre histoire.