BELGIQUE

La «fast» police de Francken pour les étrangers fait polémique

 -
--Reporters / GYS

Le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) est le spécialiste du buzz populiste. Il l’a encore démontré ce mardi.

Francken a annoncé la création d’une « fast team » au sein de l’Office des étrangers. Sa mission serait d’intervenir rapidement avec la police en cas d’incidents ou d’émeutes afin de… débusquer des personnes étrangères à l’origine de troubles, notamment lorsque celles-ci se trouvent en situation irrégulière.

«Il ne s’agit pas de Belges. Je ne suis pas compétent pour les Belges. Il s’agit de personnes qui ne sont pas en ordre de séjour ou d’autres étrangers, il y en a, soyez en assurés», a dit Theo Francken, qui a fait cette annonce en marge de la présentation en commission de la Chambre de sa note de politique générale accompagnant le budget 2018. «L’Office des étrangers fait ce qu’il doit faire, il y a bien sûr la question de la police et du Parquet», a-t-il ajouté.

Au PS et chez Écolo, on a rapidement réagi en parlant d’amalgame (entre des casseurs et des personnes en situation irrégulières) et des stigmatisations. «Les autorités du pays se sont déjà exprimées (sur les incidents provoqués par des fauteurs de troubles s’étant mêlés à des supporters marocains, ndlr). Vous pratiquez l’amalgame, vous stigmatisez, occupez-vous de vos dossiers», a ainsi dit le député PS Emir Kir.

La coprésidente d’Écolo Zakia Khattabi ajoutant: «Une police spéciale?! Décidément, ce n’est même plus que le bruit des bottes, c’est un concert.»

Joëlle Milquet, cdH, qui préside la commission des Affaires intérieures du parlement bruxellois a réagi sur le même ton. «C’est à la police – et à la police seule – qu’il revient d’exercer sa mission à l’égard des citoyens quels qu’ils soient et quelle que soit leur origine.»

Interrogé par Le Soir, le vice-président de la Commission permanente des polices locales (CPPL) Olivier Libois ne perçoit pas l’intérêt de la création d’une telle force d’interception rapide au sein de l’Office des étrangers. Il existe déjà au sein de l’Office, des inspecteurs investis de compétences judiciaires restreintes chargés de constater les infractions à la loi sur les étrangers, rappelle-t-il, précisant que des collaborations avec ce service se sont notamment matérialisées au parc Maximilien ou à la Côte. Lier les troubles survenus samedi à Bruxelles au phénomène du séjour illégal relève selon lui de l’«amalgame».

Au-delà, chacun son rôle, l’Office des étrangers, la police et le Parquet, dit-il. Si, par contre, la personne interpellée n’a pas commis d’autre infraction qu’une présence illégale sur le territoire, l’Office des étrangers peut intervenir plus rapidement, précise Olivier Libois. «Dans les 5 ou 6 heures qui suivent l’interpellation, là, oui, nous avons besoin d’eux. Et ils ne sont pas toujours au bout du fil...», regrette-t-il.