SÉCURITÉ

Le freinage automatique obligatoire sur les voitures?

 L’assistance au freinage d’urgence est déjà proposé sur pas mal de voitures. Le parlement européen voudrait que ce genre de technologie soit accessible à tous.
L’assistance au freinage d’urgence est déjà proposé sur pas mal de voitures. Le parlement européen voudrait que ce genre de technologie soit accessible à tous.-Daimler AG

Le Parlement européen s’est prononcé à une large majorité pour rendre obligatoires sur les voitures des équipements de sécurité comme les systèmes d’assistance au freinage, le maintien de trajectoire, le régulateur de vitesse ou la détection des usagers faibles. Reste à la Commission à élaborer une législation européenne en ce sens.

Après l’ABS (2004), l’ESP (2014) et bientôt l’eCall (avril 2018), d’autres systèmes automatique de sécurité vont-ils devenir des équipements standards sur les véhicules européens? C’est en tout cas la volonté du Parlement européen, qui a voté en ce sens à une large majorité. «Nous voudrions que deviennent obligatoires sur tous nouveaux véhicules les systèmes d’assistance à la conduite, tel que le régulateur de vitesse, les systèmes de freinage automatique ou encore le système d’assistance de maintien de trajectoire», détaille le porte-parole des députés belges Marc Tarabella et Hugues Bayet.

Un bon rapport coût-efficacité

Parmi les nombreuses mesures proposées par le Parlement, on trouve ainsi la standardisation de systèmes de sécurité «présentant un rapport coût-efficacité satisfaisant et prêts à être commercialisés», tels que:

– l’aide au freinage d’urgence automatique (déjà obligatoire sur les nouveaux camions) à bord de tous les véhicules mais avec en plus la détection des piétons et des cyclistes

– l’indicateur de freinage d’urgence

l’aide intelligente désactivable pour l’affichage de la limitation de vitesse, les panneaux stop ou les feux de signalisation

– l’alerte de franchissement de ligne

– l’aide à la conduite en courbe et l’équipement de caméras frontales, latérales et arrière pour réduire l’angle mort des poids lourds et des bus

la surveillance de la pression des pneus;

le rappel de la ceinture sécurité pour les places arrière;

ainsi que l’eCall pour les motocycles.

Près d’un quart des véhicules neufs disposent déjà d’un ou de plusieurs de ces systèmes de sécurité mais cela signifie aussi que les trois quarts des véhicules sur nos routes en sont dépourvus. Les systèmes qui, aujourd’hui, sont désactivables par le conducteur devraient pouvoir le rester, mais le rapport préconise pour certains une désactivation en deux temps.

Des voitures plus chères

Rendre ces équipements standards, bien sûr, va rendre les voitures plus lourdes (donc plus consommatrices de carburant) et surtout plus chères. Les députés en sont conscients. Des mesures anti-pollutions sont préconisées en parallèle. Et comme cela a été fait pour l’ESP ou l’eCall, il faudra la garantie que les coûts sont maîtrisés.

«Mais le fait de standardiser ces équipements, cela va aussi faire baisser les coûts de production. L’idée est de rendre accessible au plus grand nombre la technologique jusqu’ici réservée aux voitures de luxe», rétorque Emmanuel Foulon. «Et puis, il n’y a pas de prix pour une vie». Et ce rappeler que chaque année 25 500 personnes trouvent la mort sur les routes européennes.

«L’installation obligatoire de systèmes d’aide à la conduite ouvre la voie vers la conduite automatisée et, dans un second temps, automatique, qui ont cessé depuis longtemps d’être des visions d’avenir», souligne aussi le rapport soumis au parlement européen qui invite la Commission à présenter, début 2018 au plus tard, une proposition législative allant dans le sens de ses propositions de sécurité routière, qui prévoient aussi une amélioration des infrastructures routières, des contrôles plus rigoureux ou une harmonisation en Europe d’un taux maximal d’alcoolémie à 0,0% pour les conducteurs novices (pendant leurs deux premières années de permis de conduire) et pour les conducteurs professionnels.