MONS

Gare de Mons: pourquoi elle sera plutôt ouverte fin 2019 (voire plus tard)

La passerelle de la gare de Mons, encore et toujours responsable des retards du chantier
La passerelle de la gare de Mons, encore et toujours responsable des retards du chantier-Ugo PETROPOULOS
Gare Calatrava à Mons, suite et pas fin. Alors que la SNCB annonçait il a 7 mois sa possible ouverture fin 2018, Eurogare recule le délai d'un an. Le redémarrage a été plus long que prévu et la SNCB un brin optimiste.

Le 31 mars dernier, la SNCB présentait son nouveau plan de transport. Parmi les annonces concernant la nouvelle offre ferroviaire à venir, la société des chemins de fer faisait un point sur les chantiers des gares de la région, dont la fameuse gare Calatrava à Mons, le feuilleton qui anime Mons depuis le début des années 2010. 

Et annonce, avec optimisme, son ouverture à la fin de l'année 2018. Regards étonnés, voire incrédules chez les journalistes. "C'est un gros défi que nous nous lançons", déclarait à l'époque Guy Bemelmans, responsable des gares du district Sud-Ouest de la SNCB. "Mais tous les lots liés à la charpente et aux gros travaux ont été lancés. Il ne reste plus qu'à lancer les lots pour les travaux de finition. La gare pourra être mise en service à la fin de l'année 2018 et les finitions pourront ensuite être faites". 

Las: il faudra rajouter une année supplémentaire. Désormais, c'est plutôt à l'horizon 2019 qu'il faut se fixer, et plutôt vers la fin de l'année. Soit encore au moins deux ans de travaux.

Pourquoi ce nouveau délai? Toujours à cause de l'imbroglio autour de la charpente métallique et des problèmes rencontrés par Eurogare, maître d'ouvrage, avec son ancien sous-traitant, l'italien Cordioli. Fin 2015, Eurogare résilie le contrat de l'entreprise défaillante qui n'exécutait pas le chantier, ne payait pas ses sous-traitants, etc. 

Trois entreprises au lieu d'une

"Dans l'immédiat, il a fallu prendre des mesures d'urgence, réaliser un inventaire de ce qui avait été fait, de ce qui avait été mal réalisé, corriger ce qui était nécessaire, finir le premier tronçon, effectuer le premier poussage...énumère Martine Doutreleau, porte-parole d'Eurogare.

Ce travail d'inventaire et de remise sur les rails du chantier avait été confié à la société Pirson, qui n'a pas eu la tâche facile. "Cordioli a tout quitté du jour au lendemain, en laissant des pièces éparpillées sur tout le chantier..." 

"Simultanément, nous avons relancé une procédure de marchés publics. Nous avons lancé un marché public européen pour la réalisation de la passerelle et de deux échelles métalliques. Il a été attribué à CIT Blaton-BPC Hainaut CFE. Nous avons lancé un autre marché pour les auvents qui couvriront la passerelle et pour les abris des quais." Un marché qui doit encore être attribué.

"Nous sommes donc passés d'une société pour la réalisation de la passerelle à trois. Vous imaginez les problèmes auxquelles ont peut être confronté."

La passerelle assemblée à plus de 50%

Cette multiplication d'intervenants complique encore un peu ce qui était déjà un sac de noeud à la base. Et la SNCB s'est montrée un brin optimiste en début d'année en fixant l'objectif à 2018.

"La mise en route a été plus longue qu'imaginé. Il a fallu tenir compte de ça, et il y a un mois et demi nous avons remis à jour notre planning, en visant plutôt la fin 2019."

Aujourd'hui, plus de 50% de la passerelle a néanmoins été réalisé. "Quatre poussages ont déjà été faits. Un nouveau se fera dans un avenir très proche. Les choses bougent de manière significative", selon Martine Doutreleau, qui rappelle que "les parkings, le gros oeuvre, le ferroviaire, tout est fait à 95%, mais tout cela est caché."

Le budget pour la construction de la gare de Mons atteint aujourd'hui 263 millions d'euros. Il aurait dû être de 150 millions d'euros, selon les premiers budgets. L'ouvrage aurait dû être achevé en 2015.