MÉDIAS

Vanessa Matagne: «J’ai déjà dû annoncer des dromadaires sur le ring de Charleroi»

 Depuis septembre, elle se lève chaque jour à 4 heures du mat’ pour ces «Points mobilité» qui vous expliquent pourquoi vous êtes dans un bouchon et pour combien de temps.
Depuis septembre, elle se lève chaque jour à 4 heures du mat’ pour ces «Points mobilité» qui vous expliquent pourquoi vous êtes dans un bouchon et pour combien de temps.--

Depuis septembre, chaque matin dès 5 h 58, la Namuroise Vanessa Matagne vous signale inlassablement les ralentissements, les bouchons, les conducteurs en panne, les objets insolites qui traînent sur l’autoroute et aussi ce qu’il faut «ajouter à votre temps de parcours».

« Mais avant les infos, le point sur les routes, on retrouve Vanessa Matagne....»! Vanessa qui a 28 ans et qui habite au cœur de Namur, ville qu’elle apprécie et ne veut pas quitter. Même si au départ elle provient de Vezin près d’Andenne. Après des humanités à l’Institut de la Providence à Champion, elle étudie les relations publiques à la Haute École Albert Jacquard à Namur. Elle enchaîne avec un Master en journalisme à l’UCL. «Six ans d’études, c’est long. Pour soulager mes parents financièrement, j’ai toujours fait des petits boulots. Tous les restaurants et tea-room du centre de Namur, c’est sûr, j’y ai travaillé.» Après un premier stage à Canal C, elle devient pigiste pour la télé namuroise les samedis et dimanches. Second stage à Bel RTL ensuite, et là voilà qui commence à prester aussi pour le service «mobilité» de la station. Le soir et à nouveau les week-ends. « La radio m’attirait moins au départ. Mais j’y ai vite pris goût ».

Depuis la rentrée, Vanessa a hérité du plein-temps matinal aux « Points mobilité», la titulaire de longue date, Mélanie Pousseur, ayant choisi de passer aux infos régionales. «J’étais après elle la plus ancienne du service! ». Depuis septembre donc, si un camion s’est renversé sur la E411, si vous devez rajouter trente minutes à votre temps de parcours ou si un divan est tombé d’un véhicule sur la E42, c’est elle qui vous l’annonce, et cela tous les matins du lundi au vendredi. Comment se passe sa journée-type? «Je me lève vers 4 heures, 4 h 15. Là, je ne traîne pas et à 4 h 40 précise, je monte dans ma voiture et je fais Namur Bruxelles… À cette heure-là, pas de bouchons évidemment». Elle arrive à la rédaction à 5 h 30, et là, elle compile sans traîner tout ce qui concerne l’état des routes. «J’ai ma première intervention à 5 h 58! Évidemment, les embouteillages habituels n’ont pas encore démarré. Mais il faut vérifier par exemple s’il n’y a pas d’accident, ou d’éléments perturbateurs sur les autoroutes. Ou si les tunnels de Bruxelles sont accessibles. »

Pour tout cela, il y a divers sites à consulter, ceux du partenaire Be-Mobile mais aussi de la Police, du centre Perex, qui concentre toutes les infos sur le trafic en Wallonie ou encore du Vlaams Verkeerscentrum : « À la moindre question, je les appelle, ils me répondent toujours». Il y a aussi les messages des auditeurs. À partir de 7 heures, la circulation s’intensifiant, elle est en permanence dans le studio. « Et là, j’interviens tous les quarts d’heure. Ou plus si c’est nécessaire.» Cette tranche horaire, c’est pour elle un bon moment. «Oui, on s’amuse bien, dans une bonne ambiance. Au départ, je craignais que le boulot soit un peu répétitif. Mais à l’usage, pas du tout. Jamais je ne suis partie le matin avec des pieds de plombs».

 

«

Le cauchemar du réveil qu’on n’a pas entendu

»

 

À 8 h 30, la journée est loin d’être finie, mais la cadence des interventions s’allège, plus qu’un «Point mobilité » par demi-heure. À 13 heures, c’est fin de journée pour Vanessa. « Les gens me disent souvent que j’ai de la chance de terminer si tôt. Mais il faut encore que je rentre à Namur. Je suis parfois si fatiguée que je m’endors sur une aire d’autoroute. Et avec moi, les siestes peuvent durer deux heures!»

Récupérer un peu de sa «matinale radio», pour avoir un peu de vie sociale le soir. «Je vois des amis, je vois ma famille, je fais du sport, j’ai plein d’activités, je me suis même mise au patinage artistique à Liège, avec une copine». Mais à 22 h 30, il est déjà temps de clôturer. « Parfois plus tard, mais c’est risqué. Je suis une grande dormeuse et il m’est arrivé une fois de ne pas entendre mon réveil le matin. C’est la rédaction qui m’a téléphoné pour me réveiller et ce fut un moment horrible. Je suis sortie de mon lit complètement stressée, j’ai filé jusqu’à Bruxelles. Fabrice Collignon ne m’a pas loupée en me demandant à l’antenne si j’avais passé une bonne nuit»

Si ce poste dédié à de l’info service peut paraître austère, il fait par contre de la Namuroise l’un des noms les plus cités de la station le matin. «De fait, quand je cite mon nom, des gens tiltent de plus en plus souvent. Beaucoup disent m’avoir vue aussi à la télé, puisque l’émission est retransmise en direct ».

De l’interaction dans ce job, il y en a: «Beaucoup d’automobilistes nous envoient des SMS». Mieux vaut toutefois ne pas se tromper lorsqu’on cite un échangeur, une sortie d’autoroute, ou écorcher un nom de localité: « A la moindre erreur, même de prononciation, ça réagit, c’est le lynchage dans la messagerie! », rigole-t-elle.

 

«

À cause de la neige, j’ai dû faire un «point mobilité» depuis ma voiture, à l’arrêt sur l’autoroute

»

 

Il y a parfois des infos stressantes. Les conducteurs fantômes, par exemple: « J’en ai déjà annoncé. Dès que je reçois une info de ce genre, je cours la donner à l’antenne en espérant que les automobilistes qui passent par là soient à l’écoute. C’est un peu angoissant, oui.».

Si ses horaires lui évitent les embouteillages, elle n’échappe pas aux intempéries: « L’an dernier, il a neigé très fort une nuit, et même si je suis partie bien à l’avance suite aux conditions météo, je suis arrivée une heure en retard! J’ai fait un point mobilité en direct de ma voiture, à l’arrêt sur l’autoroute enneigée! De Namur à Bruxelles je pense que je n’ai pas su passer la quatrième vitesse, tout le monde roulait au pas.»

L’autre source de surprises, ce sont les «insolites» qui se retrouvent en plein milieu des bandes de circulation: « J’ai déjà dû parler d’un frigo sur l’E42, d’un bateau en travers de l’E411, et aussi des dromadaires sur le grand ring de Charleroi! Dans ces cas-là, mes collègues ne me font pas de cadeaux et me charrient à l’antenne, c’est parfois difficile de garder mon sérieux. Je ne compte plus les fois où les «Points Mobilité» se sont terminés par un fou rire.»

Suivez notre page L'Avenir Namur sur Facebook