Le Kikk 2017 en huit coups de cœur

-Mathieu Golinvaux

Gilles Bazelaire se jette à l’eau. De la programmation, il extrait huit gros coups de cœur, parmi bien d’autres battements.

Implosion Chamber, par Dimitri Gelfand: «Ce que j’aime dans son travail, c’est qu’au départ du son, on débouche sur l’image. Il part de vagues de son et en tire un visuel qui se déploie dans une colonne. Le résultat est toujours unique, le visiteur peut le photographier.» Son installation se déploie dans la Galerie du Beffroi.

Lawrence Malstaf, Shrink: de grandes feuilles plastiques suspendues entourent des corps emballés sous vide par un mécanisme d’expulsion de l’air. Un tube transparent inséré entre les deux couches permet au participant de réguler le flux d’air. La pression croissante fige peu à peu la surface du corps emballé en de multiples microplis. Pendant la performance, la personne emballée change de position, évoquant des images d’embryon ou de corps crucifié. «L’installation prendra place dans ce lieu désacralisé qu’est l’ancienne église Notre-Dame. J’aime ce rapprochement car les modèles ressemblent un peu à des pietàs. Cela ouvre à plein d’interprétations.»

+ PHOTOS | Des corps sous cellophane suspendus dans l’église Notre-Dame d’Harscamp

Bruce Sterling, le pape du cyberpunk. Le travail de cet écrivain, orateur invité au Kikk, a inspiré les films cultes du genre: de «Matrix» à «Blade Runner» en passant par «Mad Max». L’année passée, l’auteur a clôturé le célèbre festival interactif South by South West.

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Au Little KIKK: les petits seront plongés dans l’univers fascinant de la couleur avec Karina Smigla Bobinski. L’artiste fournit un kaléidoscope interactif géant, hypnotique et enchanteur. Il réagit aux différentes pressions et aux gestes des apprentis Picasso. Elle offre ainsi une façon originale de comprendre des phénomènes cérébraux complexes en s’amusant et laissant cours à sa créativité.

La namuroise Colienne Demain a inventé une lampe qui fonctionne à l’énergie corporelle. Une créatrice qui n’a pas froid aux yeux!

À découvrir aussi l’œuvre commune de Lawrence et Vincent Malstaf, intitulée Event Horizon. Équipés d’un masque à gaz, les visiteurs se promènent dans un espace clos envahi de particules de poussière en suspension que traque un rayon de lumière. «On se rend compte que la poussière, habituellement invisible, nous entoure de partout.» À la galerie du Beffroi.

Les écrans de Superbe: à la galerie Rive gauche, des écrans dépolarisés qui s’animent et révèlent un contenu quand on passe une loupe devant l’écran. «Des choses invisibles existent entre l’écran et l’œil et ce ne sont pas toujours celles auxquelles on pense.»

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Du peloton des orateurs, Gilles Bazelaire extrait un dernier de cœur: Mister Bingo, spécialiste anglais du happening. Il est à la base du projet Hâte Mail (Courrier Haineux) sur Twitter: des étrangers le payaient pour qu’il dessine puis envoie une carte postale injurieuse au destinataire de leur choix.

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