CULTURE

Hip-hop aux Beautés Soniques: un Théâtre de Namur plein à craquer

La troisième journée des Beautés Soniques était marquée du sceau «Hip-hop». Avec pour cadre décalé, les dorures du théâtre de Namur. Plus de 700 spectateurs se sont déplacés pour l’occasion. Un public très jeune et bondissant auquel le théâtre a dû s’adapter en modifiant la scène en urgence.

On savait que cette date ne serait pas vraiment comme les autres. Un concert de Caballero et Jean Jass au Théâtre de Namur, c’est un peu comme programmer Richard Clayderman au festival métal de Méan. Un beau décalage. Les murs du théâtre de murs ont vu ainsi défiler sur leurs dorures un public très jeune loin des cheveux gris habituellement de mise en cet endroit.

 

 

Face à ce public, le théâtre, en mode sold-out, a été confronté à un imprévu. Pour l’occasion les sièges placés dans la fosse, juste devant la scène avaient été retirés. Restait donc le plancher qui couvre la fosse où s’installaient jadis les musiciens. Petit problème, c’est que durant le premier concert, on s’est aperçu que ce plancher n’était pas forcément en mesure de supporter, à la longue, les sauts des fans convaincus de hip-hop.

Comme il était difficile d’empêcher le public de communier avec les groupes en agitant uniquement les bras, la scène a changé de configuration en un temps record et a recouvert la fosse. Le public se mettant debout entre les sièges du parterre dès le deuxième concert. On apprend de ses erreurs. Dorénavant, on sait que pour les concerts de hip-hop, la fosse n’est pas à ouvrir aux bondisseurs frénétiques

Des jeunes impliqués dans l’organisation

Ce contretemps n’a pas empêché cette date d’être un véritable succès. Sur scène, les rappeurs de Citadel Lost Kids, L’Or du Commun et Caballero & Jean Jass n’ont eu aucune peine à motiver leurs fans qui, au-delà de se trémousser sur le beat et le flow des différentes teams, reprenaient en chœur les paroles des chansons.

Pour les Beautés Soniques, cette date était importante. Cela fait plusieurs années que le festival voulait attirer un public plus jeune. Il y a eu des initiatives, mais pas toujours avec le succès escompté. « L’affiche ressemble aux gamins qui sont là » explique Nicolas Mormaque le chargé de projets au Centre Culturel de Namur. Normal. Pour organiser cette soirée, une quinzaine de jeunes ont été impliqués afin de faire de cette date un succès.

Hip-hop aux Beautés Soniques: un Théâtre de Namur plein à craquer
Autre participation des jeunes aux Beautés Soniques: les affiches alternatives réalisées par les élèves de Jacquard -

Objectif atteint

Cédric Maillaert, attaché de cabinet de Patricia Grandchamps, échevine de la jeunesse confirme le dispositif mis en place. « Plusieurs jeunes se sont investis dans des ateliers. Les uns s’occupant de l’affiche. Les autres de l’accueil des artistes. D’autres encore s’investissant dans les animations connexes. Ils étaient connectés via un groupe fermé sur Facebook.». Cette collaboration a été bénéfique. Les jeunes ont apporté leurs expériences, mais ont également servi de relais. Notamment dans les écoles.

«L’objectif a été atteint, nous sommes parvenus à intéresser un public différent de celui du festival» poursuit Nicolas Mormaque. « Je pense qu’il faut associer d’avantage les jeunes lorsqu’on organise ce type d’événements qui leur sont destinés. Bien sûr, cela demande du temps, de la préparation, mais aussi de l’engagement de leur part. Mais c’est vraiment enthousiasmant lorsque cela aboutit à une telle réussite! ».