BÉNÉVOLAT

Service citoyen: un «job» pour se réaliser

Service citoyen: un «job» pour se réaliser

Un statut spécifique au service citoyen devrait voir le jour en 2018. goodmoments – stock.adobe.com

Se mettre au service de la société et acquérir une expérience: le service citoyen permet aux jeunes de trouver leur chemin professionnel.

Soigner des plantes carnivores dans un jardin botanique, secourir des animaux sauvages dans un centre de revalidation ou encore créer un jardin pour personnes âgées… Un programme de 300 projets attire chaque année des jeunes n’ayant pas encore trouvé leur place sur le marché de l’emploi ou en quête de sens. Frapper à la porte du service citoyen leur permet «d’acquérir des compétences essentielles à leur développement personnel, professionnel et citoyen », comme le souligne François Ronveaux, directeur de la plateforme belge à l’initiative du dispositif, fondée en 2007.

Six mois à temps plein

Concrètement, ce service citoyen est un programme s’étalant sur six mois dans lequel le jeune s’engage à temps plein comme bénévole pour accomplir des projets solidaires. «Ces jeunes sont âgés de 18 à 25 ans. C’est la seule condition de participation, détaille Samuel Van Rode, responsable de promotion à l’ASBL. Ils sont diplômés ou non, de tous horizons. Nous accueillons aussi des réfugiés

Tous les deux mois, une nouvelle promotion de bénévoles se forme. L’aventure débute par une candidature présentée à l’ASBL Service citoyen et le choix d’un projet. Ceux-ci sont répartis en quatre catégories: l’accès à la culture et à l’éducation, l’environnement, l’aide aux personnes et l’éducation par le sport. En alternance, 80% du temps est réservé aux missions et 20% aux formations et échanges citoyens. Au total, le jeune preste 28 heures par semaine. En contrepartie, il bénéficie d’un défraiement pour le transport et d’une indemnité de 10€ par jour.

Retrouver un rythme ou acquérir de l’expérience

«Les raisons qui les poussent sont très diverses. Certains viennent pour perfectionner leur néerlandais, en s’engageant dans une activité en Flandre. D’autres, en décrochage scolaire ou ne trouvant pas de travail, veulent retrouver un rythme de vie dynamique. D’autres encore viennent acquérir une expérience professionnelle, tester un domaine avant de s’engager dans des études ou une formation en particulier…»

«L’insertion professionnelle: un effet, pas un objectif»

Les objectifs du dispositif sont nombreux, comme les énumère le directeur: «Prendre confiance en soi, se sentir utile, préciser un projet d’avenir tout en s’engageant au service des autres. En bref, aider à se projeter dans la société.» Quant à l’insertion professionnelle? «Le service citoyen n’a pas été créé comme outil d’aide pour trouver de l’emploi. Mais il a un effet positif sur l’insertion professionnelle. Étonnamment, nous avons de très bons résultats, et même un taux supérieur à des programmes voués à l’insertion. Nous obtenons 83% de sorties positives. Soit, quatre jeunes sur cinq ayant pris part au service (re)trouvent un emploi ou (re)prennent une formation dans les six mois. »

Quel est donc le secret du service citoyen? «Cet effet positif est interpellant. Mais je l’explique ainsi: on prend le jeune dans sa globalité. Il bénéficie d’un environnement de travail sans obligation de résultat. Il a le droit à l’erreur. Il peut donc prendre le temps de découvrir ses potentialités, se reconnecter avec ce qui lui correspond… Et il réalise que l’emploi est un moyen de réalisation de soi.»

La Belgique à la traîne

Mais sous quel statut prestent ces jeunes? «Actuellement, seul le statut de volontaire est valable en Belgique, répond le directeur. Mais celui-ci, trop limité, ne convient pas à leur situation particulière. Il reste trop étroit pour le temps de travail, pour les indemnités, pour la fiscalité, pour les assurances… Les jeunes en Wallonie ne peuvent par exemple par prétendre à une dispense de recherche d’emploi à l’ONEM. Nous revendiquons donc un statut pour ce service citoyen. Il devrait être prévu pour 2018.» De quoi agrandir les rangs de prochains services… «Quelque 180 jeunes participent au programme chaque année à Bruxelles et en Wallonie… Un chiffre ridicule comparé à nos pays voisins: 95 000 jeunes en France et 101 000 en Allemagne pour un projet de société et une reconnexion avec la jeunesse.»

Prochaine promotion: le 6 novembre en Wallonie et à Bruxelles.

081 39 08 25 (Wallonie) – 02 256 32 44 (Bruxelles)

www.service-citoyen.be