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Le projet «Drohme» ne fait pas rêver: «l’hippodrome deviendra un zoning événementiel»

Le projet «Drohme» ne fait pas rêver: «l’hippodrome deviendra un zoning événementiel»

Drohme veut redéfinir le loisir à l’hippodrome. Son objectif est de tourner le parc vers la nature. Les opposants craignent surtout sa privatisation et des nuisances sonores. Drohme

Le développement de l’hippodrome de Boitsfort en parc de loisir n’est pas encore acquis. La commission de concertation pour «Drohme» pointe des nuisances sonores et des risques pour le site Natura2000. Tant la Ville de Bruxelles que le collectif «Les Amis de l’Hippodrome» grincent des dents.

La Ville de Bruxelles a remis lundi un «avis défavorable tel que présenté» lors de la commission de concertation de vendredi dernier concernant le projet «Drohme» qui vise à développer le site de l’hippodrome de Boitsfort. Elle remet notamment en cause l’impact notable que pourraient avoir des événements de grandes dimensions sur les habitants en termes de mobilité, de nuisances sonores ainsi que de non-respect de ce site qui se trouve dans une zone Natura2000, a indiqué lundi Geoffroy Coomans de Brachène, Échevin de l’Urbanisme et du Patrimoine.

«Je regrette profondément l’écart entre le projet actuel et le cahier des charges originel, qui privilégiait des activités familiales, récréatives, sportives et culturelles. Étant donné les problèmes de mobilité et de nuisances sonores, je ne souhaite pas autoriser de l’événementiel au-delà de 20h00, sauf quelques exceptions préalablement acceptées par le comité de suivi», précise Geoffroy Coomans de Brachène.

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Bon nombre d’objections

Pour rappel, la commune d’Uccle a organisé vendredi dernier une commission de concertation concernant «Drohme», le projet de développement du site de l’hippodrome de Boitsfort. Le site de 32 hectares situé en bordure de la forêt de Soignes, est l’un des poumons verts de la capitale. Le projet de développement, attribué dans le cadre d’un partenariat public/privé à VO Group, a soulevé bon nombre d’objections auprès du collectif «Les Amis de l’Hippodrome», qui rassemble plusieurs associations citoyennes et de défense de l’environnement notamment. Ce collectif soulignait notamment les répercussions de ce projet sur les riverains, la mixité sociale, la mobilité et l’environnement.

Selon ses concepteurs, le «Drohme Melting Park» doit devenir, en 2019, le parc récréatif par excellence de la capitale et devrait réhabiliter le site de l’ancien hippodrome de Boitsfort, à l’abandon depuis plus de 20 ans, en proposant des activités ludiques et récréatives autour des thèmes de la nature, du sport, de la culture, de l’éducation et de la détente.

«Démesure et surexploitation»

«Les Amis de l’Hippodrome», qui rassemble plusieurs associations citoyennes et de défense de l’environnement, a aussi émi ses réserves lors de la Commission de concertation.

«Sous un vocable très “green”, le projet Dro!hme de VO Group abrite en réalité une importante opération commerciale privée, avec l’organisation de grands événements potentiellement désastreux pour la mobilité et l’environnement», dénonce Antoine Wilhelmi, porte-parole du Collectif «Les Amis de l’Hippodrome».

«Drohme projette ainsi plus de 200.000 visiteurs par an hors événements d’entreprise et plus de 124 événements annuels de tailles diverses, mais dont au moins 23 de 1.500 personnes et au moins 4 par an pouvant compter jusqu’à 4.500 personnes», affirme-t-il.

«Nous craignons de voir ce joyau bruxellois se transformer en “zoning événementiel” car, avec la privatisation du site de l’Hippodrome, se met en place discrètement un “Heysel du sud-ouest de Bruxelles” au profit de “happy few” (quelques heureux privilégiés, ndlr). C’est aux antipodes de la volonté régionale d’ouvrir le site à tous les Bruxellois. À ce stade-ci, Dro!hme est un mauvais projet au mauvais endroit et aura des répercussions sur les riverains, la mixité sociale, la mobilité et l’environnement», poursuit-il.

«Le Collectif n’est pas opposé à un projet sur le site de l’Hippodrome pour autant qu’il reste à dimension humaine, familiale, sportive, respectueux de la mobilité et de l’environnement. C’est-à-dire tout le contraire du projet actuel de VO Group, caractérisé par la démesure et la volonté de surexploitation commerciale du site», conclut-il.