LA LOUVIERE - MONS

Maternité commerciale, aides à l'installation...les villes en opération sauvetage de leur centre

Maternité commerciale, Créashop...La Louvière lance deux dispositifs pour susciter la création de nouveaux commerces. Des recettes également d'application à Mons.

Maternité commerciale et soutien aux commerces créatifs. Ce sont les deux outils à la mode dans les communes qui souffrent d'une désertification commerciale de leur centre-ville. Des communes qui prennent de plein fouet la concurrence du net, mais aussi de centres commerciaux périphériques dont elles ont parfois elles-mêmes autorisé l'édification.

Comme Mons, avec les Grands Prés, et La Louvière, avec la zone du Cora en entrée de la ville. Aujourd'hui, ces deux communes font face à un taux de cellules vides qui plombe leur vitalité commerciale et leur donne une image bien terne.

Pour tenter d'endiguer le phénomène, La Louvière et Mons ont toutes deux lancé un plan de revitalisation de leur centre. Points communs entre les deux villes: elles misent sur les maternités commerciales et bénéficient du dispositif Créashop, porté par la Région wallonne, testé à Liège et étendu dans plusieurs villes disposant d'une asbl Gestion Centre-ville.

 

25.000 euros pour soutenir les commerces innovants

 

Créashop, c'est un dispositif permettant à un entrepreneur souhaitant ouvrir un commerce de bénéficier d'une prime, qui permettrait de financer jusqu'à 60% les frais d'aménagements liés à l'ouverture de ce commerce, pour un maximum de 6.000 euros. Cette prime s'adresse à des porteurs de projets commerciaux jugés de qualité et originaux

Comment ce critère est-il déterminé? Par un jury, composé de 9 ou 10 personnes, représentant la ville, l'UCM, la gestion centre-ville...et qui devra statuer suivant 4 critères (voir encadré).

Le dispositif Créashop n'est valable que sur un périmètre défini. A La Louvière, quelques rues de l'hypercentre ont été retenues, dans le périmètre compris entre la place communale, la rue Debrouckère, la rue du Temple, la rue Hamoir, la rue de Bouvy et la rue Sylvain Guyaux. "L'idée de Créashop, ce n'est pas que de donner une prime, mais aussi de proposer un accompagnement complet du candidat", précise La Louvière Centre-ville. 

 

Un fonds d'impulsion en plus côté montois

 

A Mons, deux périmètres d'action ont été retenus. Un: l'axe de la gare. "Ce qui est frappant dans cet axe, c'est qu'il reste beaucoup de commerces de très grande qualité, mais qui sont victimes d'un maillage pas optimal avec des commerces de faible qualité", note Nicolas Martin, échevin montois au commerce.

La belle boutique de vêtements y côtoie le night shop douteux en quelque sorte. Pour cet axe composé de la rue des Capucins, de la Petite Guirlande, Rogier, Léopold II et de la place Louise, la volonté est de favoriser l'implantation de magasins sur le thème de la multiculturalité. 

Deuxième axe: le triangle formé par la rue d'Havré, la rue de la Clef et la rue du Hautbois, l'idée étant d'y promouvoir des commerces qui puissent mailler le quartier. Pour Créashop, Mons comme La Louvière bénéficie d'un subside wallon de 25.000 euros, renouvelable par tranches de 20.000 euros une fois la première enveloppe épuisée.

En plus de Créashop, la ville de Mons a aussi mis en place un "fonds d'impulsion" doté de 200.000 euros, alimenté par une taxe parking imposée aux centres commerciaux périphériques. Il est destiné aussi à soutenir la création de nouveaux commerces. Primes maximales: 7.500 euros dans la zone dite "prioritaire" (Piétonnier), et 5.000 euros ailleurs.

Un commerce qui veut s'installer dans les deux axes "Créashop" peut cumuler les deux aides et recevoir 11.000 euros maximum, pour un investissement total de 20.000 euros. Un fonds d'impulsion qui a aussi son propre jury.

 

Maternité commerciale: c'est parti à La Louvière

 

Pour ce qui est des maternités commerciales, les moyens ne sont pas les mêmes. Là où Mons bénéficie d'un fonds européano-wallon de 10 millions d'euros pour racheter de vieilles cellules et les rénover, La Louvière a dégagé 1,7 millions d'euros pour tous ses projets de revitalisation du centre-ville, dont la maternité commerciale.

Pas de gros rachats donc en vue, mais plutôt une utilisation de bâtiments appartenant déjà à la ville ou à la Régie Communale Autonome. La commune dispose de trois locaux allant d'une superficie allant de 54 m² à 128 m². Elle veut soutenir des activités autour des métiers de bouche à la place Mansart et un "Creative Corner" rue de Kéramis.

Le principe: proposer un loyer à "prix d'ami". Le locataire bénéficie d'une réduction de 60% la première année, le loyer croît les deux années suivantes. L'idée étant qu'au bout de trois ans, le commerce ait trouvé son équilibre financier pour supporter un loyer à taux plein chez un privé. 

L'appel à projet est déjà lancé pour les maternités commerciales louviéroises: le dossier est à rentrer avant le 29 décembre 2017. Un premier commerce ouvrira d'ici la fin du mois d'octobre: une épicerie de produits en vrac. Avec ces différents dispositifs de soutien, La Louvière espère parvenir à baisser le nombre de cellules vides de 20% dans son centre. 

Quels critères pour être un commerce "créashop"?

Sur quels critères le jury déterminera les commerces ayant droit à l'aide à l'installation?

Un: la viabilité du projet et la solidité du plan financier. Deux: le caractère original du projet (choix des produits proposés, manière de présenter ou de vendre ses produits, sa décoration, son aménagement, l’intégration de la notion de durabilité).

Trois: la qualité du commerce (concept commercial, produits proposés, aménagement extérieur et intérieur, compétences de l’entrepreneur). Quatre: la réponse aux besoins de la zone (apporte-t-il une réponse à un besoin des consommateurs non encore rencontré, ou apporte-t-il une plus-value à l’offre commerciale de cette zone?).