PROFONDEVILLE

Pouletterie de Lustin: il oublie de déclarer 2 000 volailles à la Commune

 Vu le nombre de volailles, Frédéric Antoine, le propriétaire de la Pouletterie de Lustin, devra faire une demande pour recevoir un permis d’exploitation.
Vu le nombre de volailles, Frédéric Antoine, le propriétaire de la Pouletterie de Lustin, devra faire une demande pour recevoir un permis d’exploitation.-EDA – J.No.

Le commerce de Frédéric Antoine fait des envieux. Sa pouletterie cartonne à Namur et Bruxelles. À tel point qu’il en a oublié les règles communales.

Après avoir travaillé dans l’informatique et dans l’immobilier, Frédéric Antoine, un habitant de Lustin, décide du jour au lendemain de tout quitter pour se lancer, il y a 4 ans, dans une tout autre activité: l’élevage de volaille. Un coup de tête. «Je l’ai fait par passion. J’ai toujours été attiré par ce milieu. Et puis, je l’ai dit à ma femme: soit je me lance dans l’élevage, soit je fais un burn-out. Aujourd’hui, je pense qu’elle regrette car j’ai fait de son jardin un immense poulailler (rires).»

Et puis, au fil des ans, son activité a pris de plus en plus d’ampleur. Elle en ferait même des envieux. La semaine passée, une personne au bout du fil nous explique que Frédéric Antoine ment sur la provenance de sa volaille. Celle-ci proviendrait, en majorité de Flandre.

Finalement, après enquête (voir ci-dessous), il ne s’agit que de fausses rumeurs. Jusqu’à preuve du contraire donc, les poulets de Lustin proviennent bien… de Lustin. «Je pense que le fait que je sois un simple passionné, qui ne provient pas du monde agricole, énerve certains. Contrairement aux éleveurs traditionnels, j’ai la chance de ne pas devoir remplir un quota pour vivre. J’ai expliqué avoir réalisé 250 000€ de bénéfices mais cette passion demande également un grand investissement. Au final, je n’ai ni de perte ni de gain. Si je peux me faire plaisir sans chercher la rentabilité, c’est grâce à mes anciennes sociétés. Il y a des jaloux…»

Plus de 30 poules? Demandez un permis d’exploitation

En revanche, là où l’histoire coince, c’est avec la commune de Profondeville. Lorsqu’il a créé sa «Pouletterie», Frédéric Antoine possédait moins d’une trentaine de poules. Le règlement communal était donc respecté. Passé ce chiffre en revanche, il faut lancer une demande de permis environnemental ou d’exploitation.

Et comme il en possède aujourd’hui plus de 2000 voire même 3 000 à certains moments de l’année, il aurait dû le signaler. «Mais dans le dossier, il y a moins de 30 volailles déclarées», commente le bourgmestre Luc Delire. Pourtant, Frédéric Antoine, tant dans nos pages que celles de nos confrères, a plusieurs fois expliqué en détenir entre 2 500 et 4 000.

De son côté, Éric Massaux, l’échevin des Commerces de proximité, pointe un tout autre problème. «Plusieurs riverains se sont plaints de la présence de détritus aux abords de la route. Un policier, avec une mission environnementale particulière, est descendu sur place. Pour lui, il n’y avait pas de déchet. Il n’y avait pas non plus plus de 30 poules. En revanche, la présence de roulottes pose problème car celles-ci ne sont pas mobiles. Il devra donc faire la demande pour un permis d’urbanisme.»

Par rapport à ces accusations, Frédéric Antoine se défend. «Je prouverai qu’elles sont mobiles. Ensuite, je comprends bien qu’elle ne s’intègre pas au paysage. Ça doit sans doute agacer certains riverains. Je les déplacerai sur le nouveau terrain que je loue depuis quelques mois.»

Quant au nombre de poules dans son élevage, la Commune introduira prochainement une réclamation malgré le rapport du policier qui signalait la présence de moins de 30 poules. «S’il y a effectivement une infraction, il devra se mettre à jour et réaliser les aménagements nécessaires. Il y a en tout cas une divergence entre ce qu’il annonce et la réalité du terrain. Il devra donc rendre des comptes par rapport à son activité.»

«Ce détail m’a échappé»

Frédéric Antoine s’attend donc à recevoir une lettre dans les prochains jours. «Je le sais, je ne suis pas en règle. Je ne le cache pas. J’ai l’intention de prendre contact avec les échevins à ce sujet.» Le propriétaire de la pouletterie l’explique par le fait qu’il est débordé depuis le début de son élevage. «Vous savez, tout va tellement vite… Quand on a la tête dans le guidon, on oublie des choses. C’est le cas. Ce détail m’a échappé.»

La Commune, elle, n’hésitera sans doute pas à le lui rappeler.

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