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PHOTOS | Incendies monstres en Californie, qui appelle ses voisins à l’aide

«Ces incendies brûlent littéralement plus vite que ne peut courir un pompier dans certaines zones», a déploré le responsable du département californien des forêts et de la protection incendie.AFP

La Californie a fait appel aux États proches, et au-delà, pour lutter contre les incendies particulièrement violents qui ont fait au moins 23 morts depuis dimanche, mais la situation devait encore empirer.

La situation «va continuer à empirer avant que ça ne s’améliore», a prévenu Ken Pimlott, responsable du département californien des forêts et de la protection incendie, lors d’une conférence de presse relayée sur Facebook. «Ça va être long», a-t-il assuré.

«C’est un événement grave, sévère, catastrophique», avait-il estimé un peu plus tôt. «Ces incendies brûlent littéralement plus vite que ne peut courir un pompier dans certaines zones».

Attisés par des vents pouvant dépasser 60 km/h avec seulement 8% d’humidité dans l’air, 22 incendies ont calciné depuis dimanche près de 70 000 hectares dans huit comtés californiens. Les pompiers estiment qu’au moins 3 500 bâtiments (maisons et commerces) ont été détruits.

Plus de 8 000 pompiers luttent contre les flammes, appuyés dans les airs par plus de 70 hélicoptères et 30 avions bombardiers d’eau et des centaines de véhicules au sol.

Les autorités de l’État américain le plus peuplé ont déjà obtenu des renforts d’États proches (Nevada, Washington, Oregon, Arizona) et d’autres devraient suivre.

700 soldats en renfort

La Garde nationale de Californie a également déployé 700 soldats, qui devaient être renforcés mercredi et jeudi par 1 800 personnes supplémentaires, a indiqué le major général Dave Baldwin, chef d’état-major du gouverneur de Californie.

Des particuliers apportent leur aide également. A l’instar de Chris Hoffmann, 58 ans, au volant d’un des six camions-citernes de l’entreprise de BTP qui l’emploie: «Comme les pompiers ne peuvent pas descendre chercher de l’eau, nous la leur apportons», a-t-il expliqué à l’AFP.

Ken Pimlott a prévenu que ces incendies allaient «rester très imprévisibles pendant les prochains jours». «Les conditions climatiques continuent d’être un fléau», a-t-il confié.

Selon les services de secours, ces incendies ont fait 23 morts. Un précédent bilan faisait état de 21 morts.

Mais le shérif du comté de Sonoma Robert Giordano a précisé à la presse que 285 personnes n’avaient toujours pas été localisées, soulignant que la destruction de plus de 70 relais de téléphonie mobile compliquait la tâche des autorités.

11 000 hectares détruits

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi l’état de catastrophe naturelle. L’incendie baptisé «Tubbs», qui sévit près de la ville de Santa Rosa et a tué à lui seul onze personnes, est devenu le sixième plus mortel de l’histoire de la Californie.

Il a brûlé entre dimanche soir et mercredi matin plus de 11 000 hectares et détruit plus de 570 bâtiments, dont 550 résidentiels. Environ 16 000 structures sont toujours menacées.

«J’avais cet espoir que ma maison ait survécu… mais… «, dit à l’AFP Michael Desmond, 63 ans, en fondant en larmes devant son pavillon réduit en cendres comme des centaines d’autres dans le quartier de Coffey Park, à Santa Rosa, l’un des plus touchés par les incendies.

Sur le parcours de golf de Bennett Valley sur la commune de Santa Rosa, des dizaines de riverains regardent bruler les collines situées aux alentours. Une épaisse fumée blanche s’en échappe tandis que des hélicoptères bombardiers d’eau survolent la zone.

Évacuations massives

La police de la ville a prévenu sur Facebook que les services météorologiques prévoyaient un «retour des vents puissants sur la région à partir de mercredi soir […] et jusqu’à jeudi matin».

Les vents commençaient à bien se renforcer mercredi après-midi à Santa Rosa, selon une journaliste de l’AFP. Le shérif du comté de Sonoma a relayé sur Facebook un ordre d’évacuation pour Geyserville, à une quarantaine de kilomètres de Santa Rosa.

Des milliers d’habitants ont été contraints de fuir précipitamment devant les flammes galopantes, parfois en pleine nuit, et les évacuations se poursuivent. Au total, 51 refuges ont été ouverts dans dix comtés.

Dans le seul comté de Sonoma, plus de 25 000 personnes ont été chassées de chez elles par les flammes, et 5 000 ont trouvé refuge dans des abris temporaires, avait indiqué lundi le bureau du shérif.

«On nous a évacués dans la nuit de dimanche à 2 heures. On a pu retourner hier à notre maison, qui n’avait pas de dégâts. Mais nous avons de nouveau été évacués hier», raconte mercredi à l’AFP Bob Nelson, 53 ans, alors que sa maison est prise en tenaille «entre deux feux».

Plusieurs exploitations de cette région très viticole, parfois centenaires, ont été totalement ou partiellement détruites. Certaines étaient toujours mercredi dans la trajectoire des flammes.

Le vignoble Signorello Estate et l’exploitation de vins biologiques Frey, notamment, ont été dévorés par les flammes.