Plombières - La Calamine

Relancer une activité minière à Plombières: plausible?

La société wavrienne WalZinc envisage de déposer une demande de permis pour rechercher des minerais à Plombières et La Calamine. Les boucliers se dressent.

Le 4 octobre dernier, la salle du conseil de Plombières affiche complet. Au menu, une réunion d’information tenue par la société Walzinc, basée à Wavre, première étape d’un probable dépôt de permis pour rechercher des minerais de métaux non-ferreux. Ce projet de prospection géophysique et géochimique et forage de Walzinc se chiffre à sept millions d’euros et s’étend sur les communes de Plombières, La Calamine, Lontzen, Welkenraedt et environs, soit 146 km2.

Le but? Trouver du zinc et du plomb par des techniques de magnétisme et gravimétrie, avant des échantillons du sol. Les riverains ont jusqu’au 19 octobre pour apporter des suggestions et observations, d’où une pétition et un courrier adressé à la Commune de Plombières par Albert Stassen, président du Royal Syndicat d’Initiative (RSI) Les Trois Frontières.

«La commune de Plombières ne sert que de boîte aux lettres, c’est la plus impactée par ce projet puisqu’elle couvre 53 km2 des 146 km2 (pour 35 000 habitants). C’est à Plombières que doivent être adressées les réclamations mais toutes les communes seront amenées à se prononcer. Et je souhaiterais un mouvement de la population», avance Albert Stassen.

Les arguments contre ce projet sont nombreux: une orientation touristique de la région depuis plus de 60 ans, la perte d’emplois dans le secteur du tourisme, la dépréciation des immeubles et terrains, la pollution de la nappe phréatique, la pollution de l’air par les poussières, la proximité avec des noyaux habités, le risque de contamination, la pollution par les fumées ou encore le charroi lié au transport du minerai. Les inquiétudes pleuvent et l’incompatibilité entre une industrie extractive et le tourisme est évidente. «Il n’y a plus, dans la région des Trois-Frontières, aucune place pour une industrie extractive et il ne sert dès lors à rien de vouloir prospecter le sous-sol qui recèle de toute évidence encore du plomb et du zinc», écrit Albert Stassen qui «ne veut absolument pas envisager une éventuelle réouverture des mines».

L’objectif de cette levée de boucliers, avant même une demande de permis déposée par Walzinc, est clair: «tuer dans l’œuf tout projet de nouvelle extraction». «C’est non compatible avec l’activité touristique, reprend le président du Royal Syndicat d’Initiative. Il y a soixante ans que les bourgmestres ont fondé le RSI, depuis 25 ans des investissements ont été réalisés par des autochtones et ils ne sont pas encore rentabilisés. Un projet comme celui-ci viendrait les mettre à la ruine, sans parler de la pollution. Le centre de regroupement serait à la gare de Montzen, il y aurait donc du charroi jusqu’au centre de traitement du minerai en Allemagne. On nous fait miroiter 300 emplois, mais qui veut encore des emplois dans les mines? Et les points d’extractions ne sont pas encore connus, puisqu’ils seraient définis par la recherche.»

Pour Albert Stassen, la cession de la concession par la Région wallonne octroyée à Umicore sera l’élément déclencheur. «C’est une demande d’Umicore et la Région wallonne le prévoit… Le premier sur la balle aura la concession, j’imagine qu’il y en a d’autres derrière Walzinc (qui n’est peut-être qu’un prête-nom). À l’époque, l’extraction a été arrêtée en raison des frais d’exhaure. Le minerai est toujours là, et il y a peut-être des métaux utilisés pour la fabrication des GSM (germanium, indium, cadmium, gallium…), voire du cuivre et de l’or. Pour le zinc et le plomb, il est prouvé que les teneurs chez nous sont beaucoup plus élevées que dans les autres zones d’Europe. Tant que la Région wallonne ne met pas fin à la concession, il n’y aura rien. Mais si elle le fait… il n’y aura alors aucune raison de ne pas réexplorer, même si les deux actuels concessionnaires ne sont pas convaincus qu’il est intéressant de refaire des extractions ici.»

On l’aura compris, le débat est sensible et la protestation se veut proactive. Un signal clair et une opposition marquée de la population, c’est le message qu’Albert Stassen souhaite envoyer à la Région wallonne. Et aux industriels wavrien.

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