FLOBECQ

«J’espère ne plus venir ici»

Se retrouver deux fois devant le juge en l’espace d’une semaine, ce n’est pas chose courante pour une personne quelconque, ni une habitude du tribunal correctionnel de Tournai.

Surtout, lorsque le prévenu n’a pas «la tête de l’emploi», estime le substitut du procureur du roi. Cependant, c’est ce qui est arrivé à Pierre (prénom d’emprunt). Pierre s’était présenté la semaine passée pour coups et blessures et utilisation d’une arme envers la devanture d’un établissement. Atteint par une maladie grave, Pierre avait, ces jours-là, noyé son mal-être avec quelques bières. Ce mardi, ce n’était pas le mauvais mélange entre alcool et médicaments qui ont amené Pierre devant le tribunal mais plutôt un cas de violence conjugale. Pierre n’aurait pas apprécié avoir été dérangé par la venue de son épouse et d’une amie de sa fille alors qu’atteint de graves ennuis de santé, il vivait essentiellement au rez-de-chaussée qui était en même temps son salon, sa chambre et sa salle de bains. Sa femme, fatigué de son énervement sans raison, serait montée se coucher. Quelques heures plus tard, elle se serait réveillée, le visage de son mari au-dessus d’elle. «Nous n’avions jamais eu une dispute aussi grave devant ma fille. On se bousculait. Je l’ai pris par la gorge et je l’ai jeté sur le lit. Ça a été 23 ans de vie commune mis à terre en quelques secondes», raconte Pierre.

«Mon client est sincèrement désolé de cet acte, plaide l’avocat de la défense. Il en a payé le prix car sa fille n’a plus voulu le voir pendant plusieurs semaines. Leur couple était au bord du gouffre. Cependant, à présent divorcés, leur relation s’est nettement améliorée. Son ex-femme m’a d’ailleurs écrit pour me dire qu’ils étaient sortis de cette crise et qu’elle voulait que son ex-mari n’ait que des relations apaisées avec sa fille.»

C’est chose faite par les preuves que l’avocat a déposé à la juge: un dossier photographique des vacances passées en famille cet été et des échanges de SMS complètement dénué d’animosité.

Pour cet événement isolé, le ministère public et l’avocat a requis une suspension du prononcé.

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