ENSEIGNEMENT

«C’est peut-être la fête de la Fédération, mais l’école, elle, n’est pas à la fête»

«C’est peut-être la fête de la Fédération, mais l’école, elle, n’est pas à la fête»

BELGA – Illustration

La plate-forme contre l’échec scolaire, qui regroupe une série d’acteurs de l’école, a exprimé mercredi à l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles ses craintes pour la bonne conduite du Pacte pour un enseignement d’excellence et la lutte contre les inégalités sociales à l’école.

«C’est aujourd’hui la fête de la Communauté française, mais ce n’est pas la fête pour l’école», a dénoncé Jean-Pierre Coenen, président de la ligue des droits de l’enfant au nom de la plate-forme lors d’une conférence de presse.

Vu la confiance ébranlée entre partenaires PS et cdH après la crise politique de cet été, la plate-forme redoute que le Pacte ne soit jamais complètement mis en œuvre, à l’image du décret Mission adopté il y a 20 ans.

Les critiques adressées ces derniers mois envers l’allongement d’un an du tronc commun polytechnique jusqu’à 15 ans -l’une des mesures cardinales issues du Pacte – suscitent les craintes de ses membres qui voient dans la mesure un remède à la relégation et la ségrégation actuelle entre les filières générales et qualifiantes.

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En vitesse de croisière, le Pacte nécessite un investissement (supplémentaire) annuel de plus de 50 millions d’euros

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La plate-forme redoute aussi la révision annoncée du controversé décret Inscriptions, dont certains souhaitent l’abrogation.

«Si réforme du décret il y a, ce doit être uniquement pour assurer l’un de ses objectifs initiaux, à savoir la mixité sociale», insiste Jean-Pierre Kerckhofs, président de l’Appel pour une école démocratique (Aped).

Enfin, à l’heure où le gouvernement de la Fédération s’apprête à boucler son budget 2018, les membres de la plate-forme demandent que les moyens financiers nécessaires promis à la mise en œuvre complète du Pacte d’excellence soient garantis.

Des craintes avec le MR

Avant leur crise de ménage, PS et cdH ont en effet tracé une trajectoire budgétaire pluri-annuelle pour le Pacte. Mais depuis l’alliance nouée par le cdH avec le MR en Région wallonne où des économies ont été décidées, la plate-forme redoute que les centristes soient mis sous pression par le MR pour réduire la voilure financière aussi en Fédération.

«En vitesse de croisière, le Pacte nécessite un investissement (supplémentaire) annuel de plus de 50 millions d’euros», rappelle Eugène Ernst, de la CSC-Enseignement. «Le non-respect de la trajectoire budgétaire constituerait une rupture entre les partenaires de l’école au sein du Pacte et menacerait de facto sa concrétisation».

Créée il y a une quinzaine d’années déjà, la plate-forme contre l’échec scolaire regroupe une dizaine d’acteurs de l’enseignement, dont l’Aped, la fédération des parents de l’enseignement officiel, la fédération des écoles de devoirs, la Ligue des droits de l’enfant, la Ligue des familles, Lire et Ecrire, le MOC, la réseau wallon de lutte contre la pauvreté, l’association Tout Autre École, ainsi que la CSC-Enseignement, le Setca-SEL et la CGSP-Enseignement.