Affaire Brayan: «De parents à… bourreaux»

À l’époque, l’affaire avait choqué la population hurlue. Une marche avait été organisée pour soutenir le petit.
À l’époque, l’affaire avait choqué la population hurlue. Une marche avait été organisée pour soutenir le petit.-ÉdA

A l’été 2013, le bébé avait subi de nombreuses violences de la part de ses parents, au point qu’ils sont poursuivis pour torture. La grand-mère maternelle et deux amis doivent répondre d’une prévention de non-assistance à personne en danger. Devant le tribunal, les parents ont minimisé les faits.

«C’est un dossier bien délicat car les faits ont été commis sur un bébé, regrette Me Lavens, avocat de sparties civiles. Rien que d’entendre qu’il pouvait être mis au coin pendant deux heures, à genou, en portant un livre, c’est un scandale.»

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C’est pourtant anecdotique par rapport au reste… Plutôt que de le protéger, comme c’était leur rôle, les parents sont devenus les bourreaux. Ils préféraient la PlayStation et le karaoké au bien-être de leur enfant. À deux ans, deux ans et demi, le bébé est à un âge où il doit être stimulé. Il ne le sera que par les coups. S’il pleure plus fort, on cogne plus fort pour que cela passe… S’il fait pipi dans sa culotte, on ne lui apprend pas à être propre, on préfère le frapper, directement sur le sexe… Cela a duré des jours, des mois même et l’enfant était là. Bloqué dans ce huis clos, sans défense. Au fur et à mesure, c’est devenu de la violence gratuite. C’était pervers. Cela a abouti à la pire scène, celle du 17 juillet. Quand monsieur rentre du travail, il est énervé. Parce que le petit a fait pipi, on lui met un coup sur le pénis. Puis on le prend à la gorge, on le soulève avant de le laisser tomber. On le reprend et on le secoue violemment. Face à cette violence, le bébé est pris de convulsions et tombe inconscient. Plutôt que de l’emmener à l’hôpital, on le réanime avec de l’eau puis tout le monde va se coucher. Lui va dormir sur un matelas à même le sol. Le lendemain, ils n’ont pas d’autres choix que de l’emmener à l’hôpital car l’état s’est aggravé. Durant de long mois, le bambin a été la victime d’une cruauté sans nom».

Une cruauté qui a eu de lourdes conséquences. «Dès que les médecins prennent en charge cet enfant, ils parlent directement de maltraitance grave et de torture, continue Me Menu. Il est tellement mal en point qu’il doit partir aux soins intensifs! L’on constate alors une encéphalite, des troubles de la vision, une dénutrition sévère et des problèmes d’épilepsie. Tout cela est provoqué par ce que les experts désignent comme de la torture. De la torture subie par un petit bonhomme qui n’avait rien demandé.

Aujourd’hui, les conséquences sont lourdes. Il voit mal, il n’est toujours pas propre alors qu’il va avoir sept ans, il est sous médication pour l’épilepsie, il a des difficultés de mémorisation. Dans son sommeil, il se réveille en pleurs en disant ‘Arrête de me faire ça’Il commence à se rendre compte de ce qu’il a subi. Sa famille de parrainage dit de lui qu’il aimerait faire des choses mais que le petit dit, lui-même, ne pas… en être capable. Mais le pire, c’est que toutes les personnes qui ont provoqué cet état ne semblent pas se rendre compte de la gravité de leurs actes. Jamais ils n’ont demandé des nouvelles de Brayan. Et encore aujourd’hui, ils minimisent leur participation». Une somme de 20 000 euros provisionnels a été réclamée.

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