BRUXELLES

PHOTOS | Au lever du soleil, le Hide and Seek festival prend de la hauteur au sommet de la tour TWC

Le festival Hide and Seek se poursuit toute la semaine. Ce vendredi matin, les organisateurs avaient donné rendez-vous aux festivaliers à l’aube, pour un concert au 27e étage de la tour TWC, avec le lever de soleil en arrière-plan.

On vous parlait du festival Hide an Seek en début de semaine. Ce rendez-vous musical bruxellois qui s’éloigne des autoroutes commerciales de la musique avec son affiche métissée et qui oublie les grosses scènes pour se planquer à l’abri de lieux insolites bruxellois.

Enthousiasmé par le concept, on s’est fondu avec les festivaliers pour assister à un concert très matinal ce vendredi, à une heure où, d’habitude, les festivaliers de Dour ou du Pukkelpop vont se coucher.

Alors que le soleil n’avait pas encore pointé le bout de son nez, rendez-vous était donné à la centaine de personne détenant un précieux sésame (le concert étant sold out) à 6h30 précise au pied de la tour TWC, dans le quartier de la gare du nord.

Une heure plus tôt, réveillé en sursaut par les cris du réveil, on s’est pourtant bien demandé quelle idée nous a pris de proposer ce sujet de reportage. Trop tard pour reculer, on traverse un Bruxelles encore endormi à bonne allure pour ne pas manquer les premières notes.

L’aventure commence dès l’ascenseur, dans celui-ci, une dizaine de festivaliers ont pris place. Aucun bruit, pour certains, les cheveux encore mouillés, on sent le festivalier pas vraiment réveillé. Une fois en haut, le spectacle peut vraiment débuter.

Pas de nom ronflant à l’affiche du Hide and Seek festival, au contraire. Des découvertes. De la musique issue des quatre coins de la planète. Ce matin, c’est Hindol Deb, un talentueux joueur de sitar venu de Mumbai, et sa musique classique indienne qui sont annoncés.

Pas vraiment spécialiste de cet instrument à corde pincées, on l’avoue, c’est d’abord la vue qui nous a attirés tout là-haut et le concept étonnant, mais rapidement, alors que le concert débute on se prend au jeu. L’assemblée est silencieuse, seul le bruit des déclenchements des appareils photo vient rompre ce moment de sérénité. On finit par déposer le nôtre. Contrairement au concert en prairie, personne ne parle, le public semble hypnotisé par le jeu rapide d’Hindol. Doucement, le soleil pointe le bout de son nez dans le dos de l’artiste. Tout rouge, il disparaît toutefois rapidement derrière de gros nuages, mais la lumière est douce, en adéquation avec le chant du sitar.

Plus loin, alors que le son du sitar résonne dans tout l’étage, certains préfèrent se balader pour profiter de la vue d’un endroit d’habitude inaccessible. On s’amuse à découvrir depuis les nuages ou presque les différents monuments bruxellois. Au loin, on aperçoit l’Atomium, la basilique de Koekelberg, le palais de Justice, etc.

Le festival Hide and seek est tout nouveau dans le paysage musical belge. Encore peu connu, il n’est organisé que pour la seconde fois cet été. «Et l’an dernier nous avons commencé la promotion seulement trois semaines avant l’événement, rigole Peter Van Rompaey, directeur de  Muziekpublique, l’ASBL qui se cache derrière l’organisation. On est donc un peu surpris de l’engouement du public. On ne s’y attendait vraiment pas l’an dernier. Je pense que les gens sont à la recherche de plus de proximité, d’autre chose que les grands festivals. Pour certaines dates, nous avons eu une très grande demande, nous aurions pu organiser quatre ou cinq fois le même concert.»

Novice, le festival n’a pourtant pas tardé à trouver son public. «Comme nous travaillons en général avec de la musique traditionnelle, souvent peu connue, nous sommes toujours à la recherche de nouveaux publiques, reprend le directeur. Dans cette réflexion est née l’idée d’aller dans des lieux insolites pour essayer de combiner la découverte d’endroits et de musique.»

Après la tour de la RTBF, le grenier de l’église du Béguinage ou la bibliothèque Solvay l’an dernier, le Hide and Seek emmène cette fois le public au cœur de la champignonnière de Cureghem, dans un colossal gymnase ou au sommet de la tour TWC comme ce matin. «C’est toujours un chouette moment que de découvrir de nouveaux endroits, précise Peter Van Rompaey. En général, nous proposons cela à nos stagiaires. Ils doivent gérer le Hide and Seek festival et cela commence par la recherche de nouveaux lieux. Nous en visitons beaucoup. Tous ne sont malheureusement pas accessibles. Difficile de les convaincre? Ici aussi, cela dépend, mais en général, une fois que nous sommes venus, ils insistent tous pour nous voir revenir, mais nous apprécions aussi changer d’endroit et partir à la découverte de nouveaux lieux.»

Cette année, le petit festival bruxellois joue sur les contrastes. «Nous avons été faire un concert au Petit Château, puis quelques heures plus tard à la villa empain, confirme le directeur. On est en quelque sorte passé du plus pauvre à un lieu très très chic. Nous avons été dans les caves de Cureghem et nous voilà ce matin au 27e étage de cette tour.»

Vu le succès de cette seconde édition, il ne fait sans doute pas de doute que festival fera son retour l’an prochain. Les membres de Muziekpublique rêvent désormais d’investir d’autres lieux. «On aimerait organiser un concert au palais de Laeken, chez le roi, détaille en guise de conclusion Peter Van Rompaey. La tour japonaise nous intéresse également. Nous avons beaucoup d’idée, désormais il faut les réaliser. Je ne regarde plus Bruxelles de la même manière (rires). Je suis sans cesse à la recherche de nouveaux endroits.»