LIÈGE

L’ex-président de l’Équateur à Liège pour un débat… sur la liberté de la presse

 Rafael Correa entretient des liens étroits avec la Belgique: son épouse Anne Malherbe est belge.
Rafael Correa entretient des liens étroits avec la Belgique: son épouse Anne Malherbe est belge.-Reporters/Photoshot

Président de l’Équateur jusqu’en mai dernier, Rafael Correa sera à Liège ce samedi pour participer à un débat sur la liberté de la presse. Ce casting ne manque d’ailleurs pas de faire réagir, parmi les journalistes.

Rafael Correa, qui a quitté la présidence de l’Équateur en mai dernier après dix ans de pouvoir, débattra de la liberté de la presse samedi à Liège avec le co-président d’Écolo Patrick Dupriez et des journalistes, à l’occasion de la 25e édition des rencontres écologiques d’été, selon le programme de l’événement publié mercredi.

Dans ses rapports avec les organes de presse de son pays, Rafael Correa avait essuyé de fortes critiques lorsqu’il avait instauré en 2013 un conseil de régulation pouvant sanctionner les médias, un organe considéré par l’opposition comme une volonté déguisée de censure.

Durant ses années de pouvoir, le président Correa, dont les liens avec la Belgique remontent à ses années d’études à Louvain-la-Neuve et son mariage avec une Belge, a régulièrement accusé les groupes de presse privés de chercher à déstabiliser son gouvernement.

Certaines organisations internationales avaient relayé les inquiétudes liées aux restrictions à la liberté d’expression.

«En Amérique du Sud, et en Équateur en particulier, les relations entre la presse et l’État ont souvent été et sont encore tendues», rappelle Écolo en présentant le débat. «Ces dernières années, des lois de régulation du paysage audiovisuel ont suscité des débats importants dans des contextes où les groupes de presse sont liés aux oligarchies nationales. Quel est l’avenir des relations entre presse et politique dans les démocraties sud-américaines?», questionne le parti.

L’invité est donc prestigieux, mais n’a pas manqué de faire réagir au sein de la profession des journalistes. Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet. «Il faudrait rappeler à Écolo que l’état de la liberté de la presse a reculé, en Équateur, sous la présidence de M. Correa (comme le relèvent notamment les rapports annuels de Freedom House et de RSF)», écrit-il sur Facebook.

Les rencontres écologiques d’été envisagent des débats et des formations plus diversifiés. Elles feront la part belle à l’importance de l’action collective et citoyenne.