DOUR FESTIVAL

Simon, l'ex-banquier qui envoie du boudin au Dour Festival

Fabriquer du boudin pendant que des Dj's font bouger le dancefloor, c'est le concept développé par la Boudin Room, en démonstration à Dour. Où quand le couteau de boucher côtoie la table de mixage.

Les festivaliers qui se sont rendus au Bar du Petit Bois sur le site du festival de Dour samedi en fin d'après-midi ont assisté à une scène insolite. A côté de la table de mixage sur laquelle des DJ's envoyaient du gros son, un boucher hachait quelques kilos de viande entourés d'un public amusé et interrogatif. Simon Bomans a deux passions: "j'adore la musique électronique et la charcuterie".

Il s'est donc tout simplement dit: pourquoi donc ne pas réunir ces deux passions lors de soirées thématiques? C'est le point de départ de ce concept surréaliste appelé la "Boudin Room". Le concept: Simon invite chez lui une trentaine de personnes, leur fabrique du boudin pendant que derrière, des DJ's invités mixent et font danser les invités. 

"On avait discuté sur Facebook avec Simon et je lui avais dit ok, en pensant que ça ne se ferait pas, et voilà le résultat", sourit Diego, alias DC Salas, premier DJ à avoir animé une Boudin Room et qui a coanimé musicalement cet atelier boudin au Dour Festival. Ce qui passait pour un délire est on ne peut plus sérieux.

"J'avais lancé un événement au début de l'année qui avait très bien marché, et 6 mois plus tard, nous voilà ici", se réjouit Simon, dont le concept est remonté aux oreilles des programmateurs via une relation commune. Et qui ont laissé carte blanche au boucher bruxellois pour animer le Bar du Petit Bois, oasis "cosy" au milieu de la plaine du festival.

Pour lancer une affaire, on demande souvent aux artisans de faire preuve de créativité, de se démarquer de la masse. Simon a indéniablement réussi son coup. Boudin blanc, boudin noir, bientôt la nouvelle tendance du night clubbing? 

Des produits dérivés à la viande hachée

L'histoire de Simon, c'est encore un cas concret de cadre sup' qui en a marre de son "bullshit job" (job à la con), et qui à l'aube de la trentaine a besoin de trouver un sens à son existence et à son travail. Pendant 6 ans, Monsieur "Boudin Room" a travaillé dans le secteur bancaire: "j'ai travaillé deux ans dans un fonds d'investissement et quatre dans une salle de marché, je vendait des produits structurés". Des jobs rémunérateurs, mais instables et usants. 

A 30 ans, la carrière bancaire s'arrête et il entame des cours du soir à Anderlecht en section boucherie. "C'est un métier très technique, on ne fait pas ça sur le côté, en occupation occasionnelle, il faut s'y consacrer à 100%". Sa formation, il compte la parfaire en voyageant un an dans tout le continent: "Je vais réaliser un tour d'Europe des savoir-faire et acquérir un vrai background en boucherie, que je n'ai pas encore".

Aujourd'hui, le monde bancaire est derrière Simon. Les seuls produits dérivés qu'il vend encore, ce sont des t-shirts estampillés "Boudin Room", dont il reverse les bénéfices à des associations caritatives. Tout comme ceux générés par les soirées boudin.