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PHOTOS | Un samedi dément au Dour Festival

Les têtes d’affiche ont tenu leurs rangs, Phoenix a été impérial, tout comme Die Antwoord, chacun dans son style. Mais la folie a touché toutes les scènes du festival…

Incontestablement la journée du samedi était celle à ne pas manquer au festival de Dour. Le public ne s’y est pas trompé : la plaine était noire de monde en fin de journée et les organisateurs ont battu le record d’affluence du festival, enregistrant 55.000 spectateurs. Historique!

Il faut dire que sur la Last Arena, la scène principale, le line up était le plus costaud du week-end, avec Phoenix tout d’abord, qui vient d’entamer une tournée mondiale, Dour étant la seule étape belge. Et les Français ont vite fait de faire oublier leur demi-heure de retard, tant le concert était visuellement impressionnant, avec un immense miroir en fond de scène offrant une vue en plongée du groupe. Cette image est traversée de couleurs, d’images et d’effets en tout genre, offrant une expérience visuelle inédite aux spectateurs.

La musique ne passe pas au second plan pour autant, le groupe défendant un nouvel album : Ti Amo, sorti il y a une dizaine de jours. Phoenix n’en oublie pas pour autant les hits qui ont fait sa renommée, comme l’incontournable If I Ever Feel Better, qui fait danser la plaine entière. L’interprétation était irréprochable, le groupe a tenu son rang de grand de la scène pop chic.

Une heure après, c’est au tour de la deuxième tête d’affiche du jour de monter sur scène. Premier nom confirmé de cette édition, Die Antwoord ne déçoit pas les attentes. Sur cette tournée intitulée Love Drugs (qui se devait de passer par Dour?), Le trio sort aussi le grand jeu visuel, sur une scène à deux niveaux. Encadrés par deux danseuses, Ninja, Yo-Landi et God mettent le feu au public avec leur rap-rave épileptique et leurs hits tels que Baby’s on Fire.  On en a désormais la confirmation : ces Sud-Africains sont complètement barrés. Et le public dourois leur mange dans la main.

Hors têtes d’affiche, les prestations atypiques n’ont pas manqué durant cette folle journée de samedi. En milieu d’après-midi, La Petite Maison dans la Prairie est tombée sous le charme de La Meute. Une fanfare allemande dont la spécialité est de jouer de la…techno. Et ça fonctionne du tonnerre : en moins d’une heure de concert, la fanfare et ses cuivres ont littéralement mis sur le cul un public incrédule qui a pu entamer une rave party bien avant le coucher du soleil.

Enfin, au rayon des prestations improbables, impossible de ne pas citer le cas Igorrr, dans la Caverne. Projet d’un multi instrumentiste français où se côtoient allègrement death metal, musique électronique, musique baroque, chant lyrique…L’homme n’a aucune limite. Le clavecin succède à l’accordéon, qui laisse la place à une déflagration de guitare soutenue par une batterie à 200 à l’heure. Le tout dans un ensemble assez cohérent et offrant une expérience véritablement unique, à condition de résister à la tentation de prendre ses jambes à son cou durant les 5 premières minutes. A tous les niveaux, Dour nous a offert une journée complètement folle.

Un trip abyssal dans la Caverne

La cohérence de la programmation sera un des points forts que l’on retiendra de cette édition 2017 de Dour. Après le voyage soul/rythm’n’blues proposé jeudi dans la Petite Maison dans la Prairie, place à un trip beaucoup moins coloré samedi dans la Caverne, qui avait pris ses teintes les plus noires. Ce sont les Gantois d’Oathbreaker qui ont annoncé la couleur, avec leur metal atmosphérique ponctué de fulgurances black metal, la chanteuse Caro Tanghe envoûte les premiers rangs d’un public de connaisseurs.

Stefanie Mannaerts et son groupe BRUTUS poursuivent la cérémonie. Derrière sa batterie, la jeune fille pose sa voix rauque sur un rock alternant les plans punk et black metal, cassant des instants contemplatifs. Dans la Caverne, on invite tous les sous-genres du rock extrême à table, et ce ne sont pas les Suisses de Nostromo qui vont déroger à la règle. Ces vétérans de la scène hardcore/grindcore réveillent tout le monde le temps d'un set énergique à souhait, ponctué par un pogo géant suivi d’une reprise de Napalm Death, en hommage au groupe culte du genre.

Alcest ramène ensuite un peu de sérénité avec son rock sombre à la limite contemplatif avant la déflagration Igorrr (voir ci-dessus). Pour clore le voyage, AmenRa prend possession de la scène et nous balance une musique noire, massive, servie par un chanteur incarnation même de la misanthropie, hurlant ses paroles dos au public les trois-quarts du temps. Vers minuit, nous voilà revenu de ce trip au cœur des abysses. Un moment prenant, à déconseiller aux maniaco-dépressifs.